Butembo : ce qu’on sait de la scène de pillage « sous tension des coups de feu » mise à l’actif des militaires près de l’ancienne base de la MONUSCO (Témoignages)

Une scène de pillage mise à l’actif de certains soldats congolais s’est soldée par la mort d’un militaire à Kavitero, quartier Ngere, près de l’ancienne base de la Monusco à Butembo. Plusieurs coups de feu ont été entendus. L’armée évoque des altercations avec des jeunes inconnus. La mairie, elle, appelle au calme, annonçant des enquêtes.

Les habitants de la cellule Kavitero et d’autres cellules environnantes dans le quartier Ngere, dans la commune Kimemi, ont passé une nuit des troubles sécuritaires de lundi à ce mardi 25 avril 2023. Cette situation incertaine a vécu jusque 12 heures de ce mardi.

Des crépitements des balles, des arrestations arbitraires des jeunes et des scènes de pillages des biens et de tortures des personnes dans des maisons et des boutiques ont été enregistrés sur place. Des actes imputés aux hommes armés supposés être des soldats venus de la position militaire de Kambali, dans l’ancienne maison de location de la MONUSCO en cellule Bélair.

Des témoignages des victimes indiquent que ces troubles ont vécu dès lors que les jeunes de Kavitero et environs se sont réveillés pour dissuader des militaires qui pillaient des biens dans des maisons d’habitation et des échoppes.

« Une fois l’éveil de la population constaté, des militaires pillards ont commencé à crépiter des balles », témoigne un boutiquier aussi victime d’un pillage de ses articles, dont des boissons consommés par les soldats indisciplinés.

Dans ce contexte, un soldat des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a perdu la vie.

« C’est son collègue d’arme qui a tiré sur lui, au cours d’une dispute autour du butin du pillage, vers 21 heures de mardi pendant la débandade des pillards », affirment des boutiquiers qui assistaient au fait à Kavitero, cette nuit.

A 23 heures, un conducteur de moto taxi, nommé Kalebu, qui est passé par Kavitero, a subi des tirs des balles sur sa cheville droite alors qu’il approchait son domicile, près de la chapelle catholique de Kavitero.

Cette nuit, il n’a pas eu de secours. Tôt le matin de ce mardi, la Fondation Gentil Kaliki venue secourir le taximan victime n’a pas réussi sa mission. Les soldats lui ont barré la route avant qu’ils ne chutent son véhicule dans un ravin et prenne en otage le conducteur de l’ambulance.

Même la Police bloquée par des militaires

Une équipe de la PNC-Butembo a été missionnée à Kavitero pour tenter d’intervenir en faveur du taximan et de l’ambulance. Mais les soldats se sont encore une fois érigés en obstacle.

En dépit de tout, les jeunes de Kavitero ont fait le forcing pour dépêcher le taximan blessé aux soins à Matanda. C’est dans ce cadre que des coups de feu ont retenti, tout l’avant-midi de ce mardi, journée au cours de laquelle des arrestations arbitraires des jeunes ont été enregistrés. Des jeunes que les soldats identifiaient aux présumés Maï-Maï qui pouvaient, selon les soldats, intervenir dans ces altercations.

A 13 heures, quelques personnes arrêtées l’avant-midi et possédant l’actuelle carte d’électeur ont été libérées. Parmi elles, le chauffeur Katembo Kaliki Salama de la Fondation Gentil Kaliki.

Pendant ce temps, les victimes des pillages plaident pour la restitution des biens pillés. C’est par exemple, Nathan Midugi qui a été dépourvu de sa moto Bodaboda Haojin rouge-noir, ses 100 dollars américains et son téléphone androïde ainsi que Meleki porté disparu, selon son frère, et dont la moto a été ravie.

Le taximan blessé réclame aussi sa moto. Plusieurs autres victimes ont perdu des articles de vente, des téléphones et d’autres biens. D’autres biens, comme des boissons d’alcool ont été consommés de toute pièce dans plusieurs boutiques.

La mairie annonce une enquête

Entre-temps, la mairie de Butembo, elle appelle au calme et annonce l’ouverture des enquêtes pour comprendre les circonstances de cette situation.

Suivre l’autorité urbaine dans l’élément sonore ci-dessous :

Il convient de noter que ces troubles ont occasionné la paralysie des activités socio-économiques jusque 13 heures de ce mardi.

Patrick Kalungwana

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