Butembo : la vente des manches des houes et haches en perte de bénéfices suite à l’insécurité dans l’Est (Vendeurs)
La vente des manches des houes et haches peine à générer ces derniers temps des bénéfices comme ce fut le cas les années écoulées. C’est ce que démontrent les vendeurs de ces outils artisanaux rencontrés par RADIOMOTO.NET ce lundi 8 janvier 2024, au marché central de Butembo. Ces derniers pointent du doigt l’insécurité dans la région de Beni et la rareté des sticks à la base.
En plein marché de la ville de Butembo, ils sont nombreux ces jeunes qui taillent des sticks de bois en manches des houes et haches.

Lame en main, à côté des jeunes qui exercent le même métier, ce vieux que nous avons rencontré est considéré ici comme un mentor. 20 ans d’expérience dans ce boulot, Kambale Kitakya affirme que ce boulot est plus productif en période culturale des haricots.
Loin de la cherté des taxes payées chaque année, il rapporte que ces derniers temps, il achète des manches en gros et les revend avec un bénéfice moins considérable.
« Nous achetons une manche en gros à 3 cents francs et nous la revendons à 5 cents francs, et nous gagnons 2 cents francs. On trouve les sticks de bois. Ils viennent de Mabuku, Kalunguta, Mangolio, Kirima et Mangolio. C’est sur les motos taxis et dans des véhicules qu’ils sont transportés jusqu’à Butembo. C’est un travail périodique, si vous ratez la période culturale sinon vous n’allez plus gagner par la suite. Nous payons des taxes pour nos étalages », indique monsieur Kambale Kitakya, avec un ton de regret.
De son côté, Kasereka Arsène, note que l’insécurité est aussi à la base de la baisse des entrées dans ce boulot. Selon lui, la région de Beni constituait la majeure partie de leur clientèle. D’où son appel aux autorités compétentes à stabiliser la situation sécuritaire au grand Nord, pour une bonne valorisation du secteur de l’entrepreneuriat.
« Nous sommes en train de vivre une vie de souffrance en ce moment. Le problème c’est l’insécurité. Ici à Beni, il y a le massacre alors que c’est là qu’il y a les clients des houes et de haches voire des manches. Si nous sommes sécurisés, nous pouvons vivre une bonne vie », a-t-il espéré.
Les manches vendues en ville de Butembo proviennent de Kirima, Mangolio, Mabuku et Kalunguta, dans les territoires de Lubero et Beni.
Glodi Mirembe