Justice: la RDC opte pour la peine de mort, une pratique combattue par l’église catholique

Le gouvernement congolais a décidé de la levée du moratoire sur l’exécution de la peine de mort. La décision ressort d’une note circulaire de la ministre de la Justice et garde des sceaux datant du 13 mars 2024.

Mutombo Kiese Rose affirme qu’il s’agit du vœu du gouvernement congolais exprimé lors de la 124ème réunion ordinaire du Conseil des ministres du 09 février dernier.

La ministre de la Justice est, au début de sa correspondance, revenue sur la situation sécuritaire de la République démocratique du Congo durant les 30 dernières années.

Elle a évoqué des années caractérisées par des conflits récurrents en l’Est du pays, souvent orchestrés par des Etats étrangers avec la complicité de certains congolais. Mais ces derniers, même après leur condamnation à la peine de mort, savaient que la sentence ne sera pas exécutée en leur endroit, car la RDC était encore sous ce moratoire sur l’exécution de peine capitale.

« Et donc ce moratoire était aux yeux de tous ces infracteurs comme un gage à l’impunité », se désole la ministre.

C’est en vue de débarrasser l’armée des traitres et d’endiguer la recrudescence d’actes de terrorisme et de banditisme urbain que le gouvernement de la RDC a pris la décision.

Ainsi, en exécution de cette décision, la peine de mort consécutive à une condamnation judiciaire irrévocable intervenue en temps de guerre, sous l’état de siège ou d’urgence, à l’occasion d’une opération de Police tendant au maintien ou au rétablissement de l’ordre public sera exécutée en vertu de dispositions légales, précise la ministre Mutombo Kiese Rose.

Elle charge le procureur général près la Cour de cassation et l’Auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’assurer la large diffusion de la décision du gouvernement.

Une pratique combattue par l’église catholique

Mais la position de l’Eglise Catholique sur l’exécution de la peine de la mort est claire et sans équivoque. Elle déclare que « inadmissible parce qu’elle attente à la dignité de la personne, laquelle n’est pas perdue même après de crimes très graves ».

En effet, depuis plusieurs décennies, l’Eglise milite pour l’abolition de cette peine car dit-elle, l’homme coupable ne doit pas tenir son droit de vivre d’autres hommes qui l’en jugent digne.

Elle croit plutôt qu’étant donné que la société actuelle dispose des systèmes de détention plus efficaces, la peine de mort n’est nécessaire pour protéger les personnes innocentes.

Il suffit de la bonne volonté des dirigeants à protéger les personnes innocentes, recommande le magistère

Stanley Muhindo  

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