Butembo/Vacances annuelles : certains élèves se lancent dans le commerce ambulant
Il s’observe un afflux d’enfants dans le commerce ambulant en ville de Butembo. Des écoliers et élèves sont entrés dans la danse pendant cette période des vacances. RADIOMOTO.NET a fait ce constat, ce samedi 13 juillet 2024.
Ils sont nombreux, ces enfants qui vendent des emballages, des œufs cuits, des fruits, beignets, des boutures de cannes à sucre, des cacahouètes et autres. La plupart d’entre eux étant des écoliers.
Ils indiquent pratiquer ces petits commerces afin se procurer des fournitures scolaires pour la rentrée scolaire prochaine. Mumbere Jeff et Maombi Tabu, âgés respectivement de 11 et 13 ans sont ces écoliers de 6ᵉ année primaire qui ont accepté de nous dire la motivation de leur intervention dans le commerce, ces jours-ci.
« (I) Je suis en train de vendre les kaveras afin que j’aie de l’argent qui m’aide à acheter les fournitures scolaires. Celui qui m’a permis d’effectuer ce commerce, c’est mon Papa (II) Moi, je commerce la canne à sucre pour que j’ai de l’argent pour payer les frais scolaires et un cartable, les cahiers, l’uniforme et les stylos. C’est ma maman qui m’avait demandé de faire ça. D’ailleurs, je quittais les cours pour faire la vente », ont-ils expliqué.
Contactés à ce sujet, deux parents y ont des pensées divergentes. Si l’un salue cet esprit de débrouillardise chez les enfants, l’autre, par contre, reconnait que ceci va à l’encontre de la loi portant protection de l’enfant.
Ils accusent la crise économique due à la guerre qui secoue la région, de pousser certains enfants à embrasser le petit commerce et autres métiers pour subvenir à leurs besoins.
« (I) Le travail qu’ils font, c’est bon. La vie, c’est possible quand on travaille. Quand on ne travaille pas, le risque, c’est être voleur. Si nous trouvons qu’il y a quelque chose de mauvais qui peut leur arriver, nous intervenons (II) Ailleurs, les enfants vivent en colonie des vacances où ils sont encadrés avant la reprise des cours. Mais chez nous, comme la vie est handicapée par des conditions économiques précaires, nous envoyons nos enfants travaillés. Toutefois, ce n’est pas bon », ont-ils opiné.
Malgré cette situation de crise économique, le Parlement d’enfant Butembo-Lubero rappelle les responsabilités des parents, et de la communauté toute entière par rapport à la protection de l’enfant.
Pour Joël Ngunza son président, les enfants ne doivent pas être utilisés même si ces derniers ne sont pas encadrés ces temps de vacances.
« Nous ne devrons pas oublier que certains parents ne sont pas au courant du commerce ambulant que font leurs enfants. Chers parents, il faut bien surveiller vos enfants. Mais aussi comme l’enfant est au centre de son éducation, la grande part revient aussi aux enfants. J’appelle tous les enfants de ne pas avoir une forte cupidité », a-t-il conseillé.
Enfin, cette structure de défense des droits de l’enfant appelle le gouvernement à rétablir la paix et la sécurité dans la région pour épargner les enfants de toutes conséquences de la guerre.
Joëlle Mwengevalwahi