Des manifestants en route vers Musienene insistent : ‘‘Corneille Nangaa et sa suite ne sont pas les bienvenus à Butembo’’
« Si les autres ont accepté l’ennemi chez eux, pour nous, il n’est pas le bienvenu à Butembo ». Il s’agit là, à l’unanimité, des groupes sociaux qui sont descendus dans les rues de Butembo en direction de Musienene, ce lundi 15 juillet 2024. Ils dénoncent, ainsi, l’agression du M23 en RDC, plus principalement au Nord-Kivu.
La foule est immense en direction de la chefferie des Baswagha, depuis 9 heures de ce lundi. Le rondpoint VGH, point de départ, était déjà inondé de manifestants malgré la présence de plusieurs soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la PNC aux environs.
Leur message est clair : « Corneille Nanga et sa suite ne sont pas les bienvenus à Butembo », lance un membre de la Véranda Mutsanga.
« C’est comme si le diable disait qu’il vient sauver le monde. On n’est pas d’accord (avec Corneille Nangaa : ndlr). Depuis un temps, nous étions calmes. Le monde commençait à nous observer. On avait l’impression que nous étions déjà d’accord avec ce message, et que nous étions en train de l’attendre pour qu’il puisse venir. À travers cette marche, nous voulons exprimer notre mécontentement, notre désaccord avec tous ces messages qu’il est en train de partager sur les réseaux sociaux, prétendant que qu’il veut venir nous chercher. Si les autres l’ont accueilli, cela n’engage qu’eux. Mais ici, dans la ville de Butembo, nous lançons un message spécial pour ces rebelles et tous ceux qui sont en train de semer la désolation : nous ne sommes pas d’accord. Qu’il sache qu’à partir d’aujourd’hui, il va rencontrer un grand mur qui ne sera pas possible de trouer », a-t-il déclaré sous anonymat, au nom de tous les manifestants.
Les manifestants mettent en garde tous les politiques qui collaborent avec l’ennemi de la paix. Ils s’étonnent de ce qu’ils appellent « indifférence des autorités », maintenant représentées à Butembo, avec une forte délégation du gouvernement, depuis samedi dernier.
« C’est une chose qui est en train de nous étonner, nous tous. On a tué plus de 200 personnes à Cantine. Nous attendions qu’ils prononcent un message de condoléances ; qu’ils prennent des dispositions pour que ce type de massacre puisse cesser. On est surpris de voir que les politiciens viennent nous dire que nous ne devons pas marcher… », regrettent-ils.
En route vers Musienene, les manifestants exécutent des chants demandent la paix. La lecture du mémorandum relatif à cette manifestation est prévue à Musienene ce lundi.
Dany Mweusi