Butembo/Manifestations anti-MONUSCO : 2 ans après, les familles des victimes réclament ‘‘Justice’’

Deux ans se sont écoulés, ce vendredi 26 juillet 2024, depuis les manifestations populaires visant le départ de la Mission d’organisation des Nations-Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) de la ville de Butembo. Les familles des victimes de ces manifestations et différentes couches sociales ont participé à une messe en mémoire de ces personnes, réclament une ‘‘Justice’’. Il a aussi été question de prier pour le rétablissement de la paix en République démocratique du Congo.

L’abbé Moïse Wasanalo, qui a présidé cette messe, a centré son homélie sur la paix. Il a appelé les participants à espérer à la résurrection des morts. Le célébrant a indiqué que tout le monde a besoin de la paix, à l’instar de ces victimes qu’on commémore ce jour.

L’abbé Wasanalo a exhorté les participants à garder espoir que la paix reviendra au pays. Pour y arriver, il a conseillé une lutte pacifique et dans l’union.

« Tous, nous voulons la paix. Et si nos familiers ont été tués, c’est puisqu’ils voulaient la paix. Pendant que nous nous souvenons d’eux ce jour, nous devons militer pour que la paix revienne dans notre pays. Si nous voulons la paix, ne faisons pas des actes barbares », a-t-il conseillé.

Le comité des familles de 11 victimes demande que « justice soit faite », afin que chacun soit remis dans ses droits.

C’est après cette célébration eucharistique que les membres des familles des victimes, des groupes de pression, mouvements citoyens et autres groupes sociaux ont défilé de la cathédrale jusqu’au cimetière de Kitatumba via le boulevard Joseph Kabila passant par Furu.

Quid de cette procession

C’est sous une ambiance que les familles, connaissances, amis et groupes sociaux ont manifesté, de la cathédrale au cimetière de Brazza à Kitatumba. Enfant, jeunes, vieux, vielles, ont tous été visibles dans le cortège.

Des signes de toute sorte comme des tenues blanches et noires, des croix, bougies, fleurs et drapeaux de la RDC ont été exhibés tout au long de la marche pour rendre hommage aux victimes des manifestations anti-MONUSCO.

Au cimetière, c’est sous une grande émotion et une colère que des gerbes, des fleurs ont été déposées sur les tombes. L’occasion était propice pour les familles de pleurer les leurs qui ont perdu la vie en défendant la patrie.

Après ces gestes, une cérémonie de présentation des discours a été organisée dans une concession à côté du cimetière.

Gédéon Mwasasi, président du Kyaghanda/Yira Butembo-Lubero a félicité l’organisation qu’il considère comme un message fort à l’agresseur du pays : la RDC. Il a, ensuite, conseillé la reconsidération de la lutte « qui doit passer par la prise des victimes comme des martyrs de la paix ».

« Ceci est un message fort que nous lançons à nos agresseurs. Ils vont rencontrer des jeunes débout sur leur chemin et ne vont pas avoir l’occasion de s’aventurer sur notre terre », a-t-il prévenu.  

Présentes, plusieurs femmes ont aussi exprimé leur soutien à la lutte. C’est par exemple Valinandi Mwengesyaluha Helene, présidente de la Dynamique des femmes pour la bonne gouvernance (DYFEGOU). Dans son discours, elle a appelé les manifestants à rester toujours unis dans la lutte.

« La MONUSCO, le M23 et les ADF sont nos ennemis. Si nous ne nous battons pas, il y aura balkanisation de notre pays. Nous saluons, personnellement, la présence des mamans qui se sont données à cette activité, puisque c’est nous, mamans qui regrettent la mort de nos proches et/ou enfants », a-t-elle affirmé.

En 2022, lors de la marche anti-MONUSCO, au moins 11 personnes avaient péri. Il s’agit de Muhindo Muyisa Ghislain, Kambale Tsongo Vital, Kambale Mahamba Isaac, Kakule Kinyahisi Moïse, Kambale Musumba Eddy, Kambale Kagheni Jérémie, Paluku Matofali Jean, Kambale Mutavangwa Moïse, Paluku Kinava Odjedi, Mumbere Katasi Dieume et Kasereka Kite Dieume.

Joëlle Mwenge et Esther Vwiravwahali 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.