Beni : incertitude quant à l’effectivité de la rentrée scolaire à Mangodomu suite à l’insécurité
L’incertitude plane quant à l’effectivité de la rentrée scolaire 2024-2025 dans les écoles situées dans le quartier Mangodomu au nord-est de la commune de Mangina en territoire de Beni. Si certaines écoles n’ont pas ouvert les portes pour les inscriptions, dans celles qui ont ouvert, les chefs d’établissements témoignent de l’arrivée des parents pour retirer les dossiers de leurs enfants.
Se confiant à RADIOMOTO.NET ce mercredi 21 août 2024, les chefs d’établissement plaident pour le retour de la paix.
À l’École primaire (EP) Ntoy située en cellule Mundubiena, les herbes envahissent encore la cour. Aucun mouvement n’est signalé ici. La grande crainte, c’est que même les habitants hésitent encore à revenir dans cette partie rurale de la ville de Beni, après le passage des rebelles de l’Allied democratic forces (ADF) en mars dernier.
La situation est presque la même dans d’autres écoles primaires du quartier Mangodomu. C’est comme à l’école primaire ASEFU de la cellule Kamchanga.
Cependant, une lueur d’espoir profile. Les habitants de cette cellule se sont mobilisés pour assainir la cour de cette école. Ils invitent la directrice à venir préparer la rentrée en inscrivant les apprenants.
« Depuis que nous avons abandonné le milieu, il était déjà envahi par la brousse. Nous avons préféré commencer par l’avenue qui mène vers l’école pour que la directrice vienne inscrire les écoliers. Que les parents qui ont des enfants dans cette école viennent les inscrire. Nous allons appeler la directrice pour la cause », a mobilisé un habitant.
Dans d’autres écoles, les chefs d’établissement sont présents dans leurs bureaux. Ils attendent les nouveaux et anciens apprenants pour les inscriptions.
Kakule Ndatho Gaston, préfet de l’institut Mambale croit à la reprise des cours le 2 septembre prochain. Il s’inquiète, toutefois, du fait que les parents retirent les dossiers des élèves pour d’autres écoles situées dans les parties supposées plus sécurisées. Il appelle l’autorité compétente à intervenir pour sauver la situation.
« Depuis le lundi, nous sommes dans nos bureaux pour inscrire les élèves. Nous allons demander aux autorités de nous aider pour que les hommes soient mobilisés pour le salongo, surtout que nous avons fini l’année, les élèves n’étaient plus dans nos concessions. Nombreux ont préféré retirer les dossiers. Les parents ont encore en tête que l’ennemi peut revenir. Nous sommes en train de demander au comité de sécurité de nous aider pour qu’il y ait une rentrée scolaire favorable », a-t-il plaidé.
Au cours de l’année scolaire 2023-2024, plus d’une dizaine d’écoles avaient été délocalisées vers le centre de Mangina suite à la situation sécuritaire après les attaques rebelles dans cette partie de la commune de Mangina.
Jonas Aristote Sabuni