Butembo : Kahambu Jacinthe, cette élève de 18 ans qui pratique la soudure et l’ajustage des métaux, force l’admiration
En ville de Butembo, de plus en plus des femmes exercent des métiers où, il y a peu, on y trouvait que des hommes. Elles se démarquent et attirent de l’admiration. C’est le cas de Kahambu Sirimuhani Jacinthe que nous avons rencontrée à son lieu de travail, ce jeudi 22 août 2024.
Âgée de 18 ans et encore sur le banc de l’école, Kahambu Sirimuhani Jacinthe, force l’admiration dans un atelier d’ajustage et de soudure située au quartier Vungi, en ville de Butembo. À notre arrivée, elle met sa dernière touche sur une porte métallique qu’elle vient de souder.
« Quand j’ai vu cette porte qu’elle vient d’ajuster, j’ai cru que c’est le maitre de cet atelier qui l’a fait parce que c’est bien fait et je suis satisfait. Elle mérite des éloges », apprécie Machozi Samuel, un des clients, surpris d’apprendre qu’il s’agît de l’œuvre d’une jeune fille.
Dans cet atelier, des étincelles de la soudure, des bruits des perceuses ainsi que des marteaux, ne démotivent pas Sirimuhani Jacinthe. Elle se dit être passionnée de la mécanique générale.
« Je ne me sens pas gênée de travailler avec les garçons. D’ailleurs, je trouve ça mieux. J’épaule mes parents parce que je travaille déjà. Ce travail nécessite beaucoup de courage, je vous assure. Et les filles sont vraiment capables d’exercer dans ce domaine si vraiment, elles endurent. Ce travail est très bon. Les filles sont aussi capables de l’exercer », indique-t-elle.
C’est depuis 3 ans que Jacinthe a décidé d’apprendre la soudure et l’ajustage. Aujourd’hui, elle paie ses propres études et sait subvenir à certains de ses besoins. Chaque matin, elle se rend d’abord à l’école pour se présenter au boulot dans l’après-midi.

« Ce travail n’est pas destiné uniquement aux garçons. Il faut que les filles se lancent aussi dans ce genre de métiers. On a souvent tendance de discriminer les femmes. Personnellement, je suis sûre et convaincue, et je serai capable d’assurer le poste de chef d’atelier dans l’avenir », assure-t-elle.
Mumbere Nzole Évariste, un des chefs de cet atelier trouve que la jeune demoiselle s’en sort correctement et encourage d’autres jeunes femmes à lui emboiter le pas.

« Elle travaille correctement. Elle était venue avec une détermination et aujourd’hui, elle travaille bien, tout comme les hommes. Je demande aux autres filles désireuses d’apprendre le métier de venir. Le travail de soudure n’est pas destiné seulement pour les hommes. Les femmes aussi peuvent bien l’exercer », affirme-t-il.
Même son de cloche pour Innocent Thasi, un des employés dans cet atelier. « En tant que femme, elle est en train de bien travailler. Elle endure malgré la lourdeur du travail. C’est une femme courageuse », témoigne-t-il.
Pour Liliane Musavuli, coordonnatrice de Femmes leaders pour le progrès de la jeune fille (FLPJF), c’est une avancée significative de voir les jeunes filles s’intégrer dans ces métiers. Elle croit aux potentialités des jeunes filles.
« Les jeunes filles sont capables de beaucoup des choses. Ça fait du bien de voir une jeune fille souder et ajuster les métaux. Elle invite les jeunes filles à être prête à exercer tous les métiers », exhorte-t-elle.
Kahambu Sirimuhani Jacinthe est une preuve que les femmes peuvent réussir dans les métiers, jadis réservés aux hommes.
Rosette Kamukehere