10 ans des massacres à Beni : à Ngadi, des habitants plaident pour la construction d’infrastructures ‘‘résilientes’’

Des barricades érigés sur la voie par des jeunes du quartier Ngadi de la ville de Beni pour dénoncer l'insécurité dans leur quartier. Le 13 mars 2024. Radio Okapi/Marc Maro Fimbo

Après sept ans d’instabilité sécuritaire, les habitants de Ngadi en ville de Beni (Nord-Kivu) réfléchissent sur les initiatives de développement de leur entité qui a connu le premier massacre en 2014. Ils profitent de la paix et la sécurité que l’armée congolaise a réussi à imposer sur place, il y a trois ans maintenant. Ces habitants plaident pour la reconstruction de quelques infrastructures résilientes où la population s’est appauvrie suite à la guerre.

Depuis environ trois ans, la population se reconstitue et plus de 90% des habitants ont regagné ce quartier qui tendait à se vider les sept dernières années.

« Voilà au moins 3 ans depuis que nous sommes au moins en paix. Nous sommes bien protégés par l’armée. Il n’y a plus de déplacement de la population. Si nous avons peur la nuit, ça peut être juste des bandits armés qui opèrent même en ville », a déclaré Mateso Kombi, l’un des chefs de base dans cette entité.

En dépit de cette accalmie, certains habitants n’ont pas oublié la tragédie du 15 octobre 2014 et la crainte persiste encore. Nzuva Musafiri se souvient encore de ses proches tués ce jour-là.

« Nous sommes un peu consolés parce qu’ils nous protègent. Il y a nombreux qui sont décédés. Nous ne pouvons pas les oublier. Il nous arrive le moment d’avoir peur toujours. Quelqu’un qui a été mordu par le serpent, a toujours peur des vers de terre. Nous sommes là et nous nous attendons à tout ce qui peut arriver », a-t-elle affirmé.

En plus du centre de santé déjà construit sur place, les habitants évoquent la nécessité d’un accompagnement à la population rendue pauvre par la guerre.

« Nous sommes un peu consolés parce que nous avons même commencé les activités champêtres. Nous voulons que la situation s’améliore de cette manière, afin que nous puissions oublier cette situation. On nous a construit un centre de santé et les activités ont commencé. Nous remercions le gouvernement pour cet effort. Qu’il continue à nous accompagner, nous qui avons connu ce désastre », a plaidé Mateso Kombi, l’un des habitants de la place.

Il convient de rappeler par ailleurs que la première attaque rebelle contre la ville de Beni avait ciblé ce quartier situé sur la RN4. Plus de 30 civils avaient été tués, des maisons détruites, selon le bilan officiel qui avait été livré au lendemain de cette violence meurtrière mise à l’actif des rebelles de l’Allied democratic forces (ADF).

Milan Kayenga

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