Lubero : des agriculteurs du cacao se plaignent du vol de leurs produits

Les agriculteurs du cacao, dans le secteur des Bapere en territoire de Lubero (Nord-Kivu) se plaignent du vol de leurs produits devenus de plus en plus récurrents dans leurs champs. Ils l’ont dit au cours d’une réunion tenue dimanche dernier dans la salle FEC de Manguredjipa, chef-lieu de cette entité.

Ces agriculteurs accusent les acheteurs du cacao de favoriser ce vol, en achetant du cacao frais et non fermenté. Kibonde, l’un des agriculteurs rencontrés, ce mardi 22 octobre, n’a pas caché son indignation.

« Nous les accusons parce que quand ils achètent, ils ne connaissent personne. Nous pensons qu’il faut certaines normes pour mettre fin au vol du cacao. Ils achètent sans savoir si on est propriétaire ou non. Nous voulons quand même qu’ils se rassurent que le cacao qu’ils achètent n’est pas celui qui a été volé. Voilà pourquoi, on va doter tous les agriculteurs des fiches et qu’à chaque fois qu’ils viennent vendre, ils montrent d’abord cette fiche pour que l’acheteur se rassure que celui-là n’est pas un voleur », a-t-il affirmé.

Pour sa part, Matofali, acheteur du cacao à Manguredjipa, rejette toutes les accusations portées contre lui et ses collègues. Selon lui, la pratique d’achat du cacao non fermenté est toujours sollicitée par ces clients agriculteurs qui l’expliquent toujours par l’urgence en besoin financier. Ils vont jusqu’au point de négocier l’achat de leurs produits agricoles en prix divisé, a-t-il précisé.

« Voici deux ans que j’achète du cacao. En fait, ce sont des agriculteurs qui viennent vers nous. Voilà pourquoi je rejette toutes les accusations contre nous. Ils nous obligent d’acheter leur cacao non fermenté et frais, parce qu’ils sont affamés. De fois, ils nous disent de diviser la quantité. Comme ça, la moitié va compenser la fermentation », a-t-il justifié.

Pour tenter de trouver solution, la société civile du secteur des Bapere annonce la mise en place d’un comité pour surveiller les mouvements des uns et des autres. Kagheni Samuel a précisé que la décision est ressortie de la réunion de dimanche dernier. Des sous comités seront installés dans les milieux où se trouvent ces champs de cacao pour des orientations, ont décidé les participants.

« Parmi des grandes décisions, nous venons de mettre sur place un comité général qui va aussi créer d’autres sous-comités », a-t-il rassuré.

Mis à part le territoire de Lubero, le cacao est beaucoup cultivé dans le territoire de Beni. Mais, la guerre a obligé plusieurs agriculteurs de quitter leurs champs, laissant ainsi leurs produits à la merci des voleurs.

James Lusenge

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *