Église : « les reliques des Saints déposées et vénérées dans des églises et sanctuaires ne sont pas des amulettes » (Père Jean-Paul Kamili)

Les reliques des Saints que l’Église dépose dans différents églises et les sanctuaires ne sont pas à confondre avec les amulettes utilisées dans certaines cultures africaines. C’est l’essentiel de l’interview que le Père Jean Paul Paluku Kamili a accordée à Radio Moto Butembo-Beni le vendredi 25 octobre 2024 sur la valeur des objets de culte.

Il répondait aux questions de ceux qui veulent savoir le rôle des reliques des Saints dans les pratiques chrétiennes et la foi des fidèles. D’avance, il a montré que l’Église croit à la force que portent les restes humains et les objets utilisés par les Saints.

Ce fils de la congrégation des Augustins de l’Assomption retient qu’au-delà de l’aspect historique de remémoration de l’existence de ces personnes qui ont servi Dieu, leurs reliques sont vénérées par les chrétiens pour communier avec les Saints, eux qui participent désormais aux sacrifices devant l’Autel céleste.

« Ce qui est resté là est vénéré parce que l’Église croit que ce que nous touchons, nous y laissons nos emprunts, et donc même notre sainteté peut habiter ce que nous touchons. Le corps humain porte la puissance que Dieu nous a donnée. Si nous nous comportons bien en homme saint, notre corps devient aussi Saint. Dans les actes des apôtres, Saint Paul prêche, il guérit les gens et puis il retourne. Les gens se disent qu’il est retourné, pourtant il y a encore des malades. On va vérifier dans sa chambre : il a oublié les mouchoirs et on a pris ces mouchoirs. On est allé les déposer sur les malades et les malades sont guéris. Donc les mouchoirs que saint Paul utilise peuvent aussi porter la puissance pour guérir les malades », indique le Père Kamili.

 

À la question de savoir s’il est autorisé aux chrétiens de garder les reliques de leurs grands-parents, le Père Kamili ne trouve pas d’inconvénient.

Pour lui, tout dépendra de l’usage de ces reliques. L’important est de ne pas utiliser ces derniers pour nuire à autrui et de ne pas penser qu’elles remplacent Dieu dans leur vie comme chrétien, a insisté le serviteur de Dieu.

« Je crois que la culture nos cultures ont encore une connaissance assez dispersée par rapport à la conception des ancêtres et ce qui est des ancêtres, mais au moins certaines cultures, comme la culture Yira, eux, ils peuvent déjà comprendre que quelque chose peut rester d’un ancêtre et ils peuvent poser ça. Je ne dirais pas c’est bon, je ne dirais pas c’est mauvais. Mais celui qui peut conserver, il faut qu’il sache pourquoi il le conserve. L’église est assez structurée pour dire voici nous, notre limite avec les reliques », a-t-il ajouté.

Signalons que le diocèse de Butembo-Beni a désormais un nombre suffisant de sanctuaires où les chrétiens peuvent se recueillir pour communier avec Dieu. Le dernier en date institué par l’évêque de Butembo-Beni est le sanctuaire de Masoyi où sont déposées les reliques de Saint Jean-Paul II.

Kakule Kilumbiro 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *