Nord-Kivu : l’UNPC-Butembo invite le gouvernement à protéger les journalistes

Le gouvernement doit protéger les journalistes, car ils jouent un rôle important dans la société. Appel lancé par Rachidi Amuri Kasongo, président de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC) sous-section de Butembo. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre de chaque année.

Dans un entretien avec Radio Moto Butembo-Beni, Rachidi Amuri Kasongo précise que lorsque les journalistes sont menacés ou tués, cela a un effet dissuasif sur la liberté d’expression. À lui de poursuivre qu’en ville de Butembo, les journalistes sont plusieurs fois victimes des cas qu’il considère comme des crimes commis contre eux.

« À Butembo, nous enregistrons des cas que nous considérons comme état de crimes, qui sont commis contre les journalistes. C’est notamment tout ce qui a comme des cas de menace, dont les journalistes sont parfois victimes, des cas de harcèlement, il y a des cas d’arrestation. Il y a des journalistes qui sont parfois arrêtés arbitrairement. Il y’a parfois des cas d’arrestation prolongée des journalistes, il y a aussi des cas de censure et de restriction »

Rachidi Amuri Kasongo rappelle au gouvernement son devoir de protéger les chevaliers de la plume durant l’exercice de leur métier, car ils jouent un rôle important dans la communauté, celui d’informer la population.

« C’est une journée de sensibilisation du public, du gouvernement, de manière générale, à la nécessité de protéger les professionnels des médias, qui, s’il faut encore le rappeler, jouent un rôle fondamental dans la démocratie, dans la société, en informant la communauté. La loi prévoit les modalités de l’exercice de cette profession. De ce fait, nous avons le droit de bénéficier de la protection suffisante pour exercer notre métier ».

JED recommande des poursuites judiciaires aux agresseurs des journalistes

Pendant ce temps, l’organisation Journaliste en danger (JED) a, dans un rapport publié ce samedi 2 novembre 2024, recommandé au gouvernement la poursuite devant la justice des auteurs des agressions, menaces et détentions arbitraires des journalistes.

Dans ce document, publié en marge de la Journée internationale de la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes, JED met en avant la situation critique des médias en RDC, particulièrement à l’Est du pays, où les combats entre les forces gouvernementales et les milices rebelles ont conduit à une augmentation des attaques contre les journalistes.

Malgré la nouvelle loi sur la presse, la liberté d’information est constamment menacée par des actes de contrôle politique sur les médias, poursuit ce document. JED recommande au gouvernement de lever toutes les mesures et décisions visant à restreindre la couverture médiatique du conflit armé à l’Est du pays. Aussi, de poursuivre devant la justice tous ceux qui se livrent à des agressions, menaces et détentions arbitraires des journalistes.

La Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes est célébrée cette année sous le thème : « Il y a une histoire derrière l’histoire », fin de citation. L’UNESCO comptabilise 1700 journalistes tués dans le monde entre 2006 et 2024. Près de 9 cas sur 10 de ces assassinats restent non résolus judiciairement.

Rosette Kamukehere

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