Nord-Kivu : des conflits armés font exploser le nombre d’orphelinats à Butembo (Témoignages poignants)
Les massacres des rebelles d’Allied democratic forces (ADF) sont un facteur significatif qui a alimenté et favorisé la mise en place des orphelinats dans la ville de commerciale de Butembo (Nord-Kivu). Il s’agit des témoignages “poignants” des responsables des orphelinats, eux-mêmes. Ils se sont confiés à RADIOMOTO.NET, ce lundi 06 janvier 2025. C’est à l’occasion de la journée internationale des orphelins de guerre.
Si les orphelinats étaient reconnus aux congrégations religieuses, aujourd’hui plusieurs particuliers ont aussi initié ces établissements caritatifs. En ville de Butembo, on en compte plus d’une dizaine, tenue par les particuliers et disséminés dans tous les coins de la ville.
Leurs responsables affirment vouloir apporter leur contribution à aider les enfants victimes des massacres et autres conflits armés. Muhindo Mukosa Dieu-Merci de l’orphelinat Yedidia et Kahindo Marasi Gisèle de l’orphelinat Shamah témoignent des nombres élevés d’enfants victimes des conflits armés, particulièrement des massacres des ADF au Nord-Kivu et en Ituri.
“Les enfants que nous hébergeons ici, viennent à majorité des régions massacrées de Beni. Je peux dire qu’à 80%, ils viennent d’Oïcha. Nous avons moins d’enfants qui proviennent d’autres contrées, mais la majorité provient de la région de Beni où sévissent les massacres. Nous connaissons les familiers de certains, car conduits ici par ces familiers. Il y a d’autres dont on ne connait vraiment aucun proche. On nous appelait juste qu’il y a un cas d’enfant retrouvé et qu’on devait intervenir sans avoir jusqu’où nous irons avec eux”, ont-ils témoigné.
Ces responsables se heurtent à plusieurs difficultés. Les plus graves sont notamment l’alimentation, le loyer, l’insuffisance de moyens pour construire des logis quand bien même, ils disposent déjà des parcelles et l’accès aux soins. Outre toute cette situation, plusieurs enfants n’ont pas de familles. Leur avenir semble incertain.
“Nous, personnellement, on ne sait pas prédire leur avenir. Nous voulons seulement qu’ils grandissent moralement par la grâce de Dieu pour un futur prometteur. Mais, le gouvernement devra intervenir, étudier comment ces enfants vont grandir parce que tous sont de congolais, de vrais congolais, il n’y a pas d’étranger. Ils sont juste victimes des massacres. Peut-être que si les massacres ne se produisaient pas, on ne serait pas ici aujourd’hui. Ils ont droit à la vie, à l’éducation, aux soins médicaux. Imaginez, après massacres, on ramasse un enfant, personne ne connait sa famille, et à la fin où l’amènerons-nous ? Et quand il aura besoin de connaitre ses parents, que lui dirons-nous ?”, se sont-ils interrogés.
Tous ces établissements et ces locataires ne vivent que de bonnes volontés dont les églises locales. Certains autres particuliers prennent en charge la scolarité des enfants dans des écoles.
Stanley Muhindo