Ituri : le lac Albert face à une carence en poissons

Le lac Albert est en danger du côté congolais. Jadis poissonneux en termes de nombre d’espèces, cet espace aquatique risque de devenir une simple piscine sans poisson et rester une voie de communication. Alors qu’en 2009 on pouvait trouver 44 espèces, en 2024, on retrouve difficilement 14 espèces.  

L’alerte est de Kambale Soheranda Jargy, doctorant à l’université de Yaoundé, au Cameroun. Ce chercheur sur le lac Albert note que cet espace est en danger avec la détérioration de la qualité des eaux.

“Actuellement, il est classé parmi les lacs en danger. D’ici-là, on va se retrouver avec piscine vide, sans poissons, avec la détérioration de la qualité des eaux et consorts. Si on ne prend pas des précautions maintenant, la santé du lac Albert n’est pas bonne ces derniers temps. Il s’y observe une surpêche. Les gens sont en train de pêcher nuit et jour”, a-t-il regretté. 

Seulement 14 espèces aquatiques ont été retrouvées dans ce lac en 2024, s’est inquiété Kambale Soheranda Jargy.

“Les dernières recherches de 2009, 2010 ont évoqué 44 espèces. En 2024, on a difficilement trouvé 14 espèces. Et ces 14 là, c’est après une pêche expérimentale de 2 à 3 semaines”, a-t-il fait savoir. 

Pour tenter de sauver le lac Albert, le Forum des engagés pour le développement durable (FORED), une organisation de défense de l’écosystème, appelle à l’implication de toute la population de la province de l’Ituri. 

“Si ce lac devenait un lac mort, que devrions-nous devenir ? Et même si je ne serai plus là, que deviendra mon enfant ? Si je bénéficie aujourd’hui de cet écosystème du lac Albert, c’est parce que mon grand-père, quelque part, l’avait bien protégé”, a déclaré John Lufukaribu, coordonnateur du FORED en province de l’Ituri.

Sur plusieurs marchés en province de l’Ituri et environs, le prix du poisson a déjà galopé. Le lac Albert se trouve au centre du continent africain, à la frontière entre l’Ouganda et la RDC. Il est long d’environ 160 kilomètres et 30 kilomètres de large, avec une profondeur maximale de 51 mètres.

Joseph Kisuki

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