Butembo : la transformation locale des triporteurs à tricycles “Bajaj” gagne du terrain au centre-ville
La transformation des tricycles de livraison appelée localement « Triporteurs » à tricycles motorisés dits communément « Bajaj » gagne de plus en plus du terrain à Butembo. Ce mercredi 12 février 2025, RADIOMOTO.NET a rencontré Kambale Kisando Joseph, ajusteur de profession et monteur des Bajaj à Butembo.
Sur les artères principales de Butembo, les tricycles motorisés Bajaj sont visibles à longueur des journées en attente des potentiels clients qui veulent se déplacer vers Njiapanda au sud ou Biasa au nord de la ville.
Parmi ces engins, plusieurs sont fabriqués ou ajustés localement. Kambale Kisando Joseph, que nous avons rencontré dans un mini-garage sur l’avenue Walikale, ajuste ces tricycles.
Il affirme répondre à la demande de certains détenteurs des triporteurs qui veulent transformer leurs engins de transport de biens en engins de transport de personnes pour palier la problématique de la hausse du prix de transport dans la ville.
Le technicien explique qu’un bon calcul des risques est souvent fait avant de prolonger la partie arrière de ces tricycles. Ce, pour ne pas mettre en danger la vie des habitants usagers de ce trans-ville.
“Nous tirons le pneu vers l’arrière et il n’y a plus de problème. Nous pouvons mettre le pneu à un pas de la place habituelle. Dans le cas contraire, l’engin peut se renverser. Nous allongeons aussi le carda. Nous sommes en train de modifier les triporteurs et nous gardons la partie qui transporte la marchandise. En cas de nécessité, nous pouvons la réutiliser. Le triporteur a un grand moteur, il peut varier entre 300 et 350 chevaux, et la vitesse se développe à travers le pont arrière”, a-t-il expliqué.
Joseph rassure que les moteurs de ces tricycles sont adaptés. Il conseille une charge de 12 personnes au maximum dans ces engins roulants pour éviter toute éventualité.
Selon lui, les Bajaj ajustés à Butembo sont adaptés au relief de la région et peuvent fréquenter tous les axes routiers, même en état de délabrement.
“La montée de Matanda est petite, ce Bajaj peut monter Vusenzera, c’est une moto puissante. Selon notre conception, elle peut transporter au plus 12 personnes. Celles que nous modifions ici localement sont mieux que celles qui nous arrivent de l’étranger qui ont des lames de ressort bas et ne peuvent pas passer là où il y a des dos d’âne ou encore des pierres. Les Bajaj que nous montons n’ont pas de problèmes. Ils vont jusqu’à Kyambogho, même Musienene, et n’ont pas de problèmes. Mais les autres sont conçus pour le macadam”, a-t-il renchéri.
Les Bajaj sont entrés dans le transport en commun à Butembo depuis plus de 6 mois. Ces tricycles représentent un ouf de soulagement pour les habitants qui viennent des coins éloignés du centre commercial. Le coût est plus abordable que celui d’une moto taxi, témoignent leurs usagers.
Glodi Mirembe