Beni : au moins 5 morts dans une attaque des ADF à Mavivi-Ngite

Un corps est hissé sur un camion dans le village de Manzalaho à la suite d'une attaque qui aurait été perpétrée par le groupe rebelle ADF près de Beni en RDC le 18 février 2020. (Photo: Alexis Huguet / AFP)

Les rebelles qui seraient de l’ADF ont tué au moins cinq civils au village de Mavivi/Ngité, situé sur l’axe routier Beni-Oicha. L’attaque a eu lieu dans la nuit de vendredi à ce samedi 8 mars 2025. En dehors des morts, on signale quatre blessés et plusieurs disparus. La société civile locale s’étonne de cette situation survenue dans une zone où opèrent les forces conjointes FARDC-UPDF.

Reportage Samy Kitha depuis Oicha

C’est aux alentours de 22 heures que les assaillants ont surpris les habitants du sous-village Kavingazi, situé dans la localité de Ngité 1er, à l’est du centre de Mavivi. Parmi les cinq personnes tuées, deux étaient des hommes, dont un chef de base. Un serviteur de Dieu que nous avons rencontré témoigne avoir échappé à cette tragédie par miracle.

« Ils sont arrivés ici à l’église CBCA Ngite, ils voulaient forcer les portes. Peu après, nous avons attendu des coups de feu. L’épouse d’un de mes chrétiens venait d’être tuée.  Même dans le temple, ils ont vérifié dans la maison pastorale en forçant même la porte du temple, pensant qu’ils pouvaient trouver des gens, mais il n’y en avait pas et ils sont partis », raconte-t-il.

Parmi les victimes, une femme a été brûlée vive dans l’une des quatre maisons incendiées par les assaillants. Osée, le fils de la défunte, qui a réussi à s’enfuir, raconte avec émotion avoir entendu impuissamment les derniers cris de sa mère.

« J’ai attendu le cri de ma mère ici, à la maison. Je suis même sortie et rentré après. En fermant la porte, je les ai entendus sur la porte du kiosque en train de la forcer. Quand ils ont fini, ils ont mis le feu à la maison jusqu’à atteindre ma chambre. Je suis sorti en cachette, ils ont calciné la maison et elle est morte », explique le rescapé sous une forte émotion.

Les dégâts matériels sont également importants : quatre motos ont été brulées, plusieurs biens pillés, notamment des vivres et des animaux de basse-cour. La société civile du groupement Batangi-Mbau signale également la disparition d’au moins sept enfants. Kathembo Kasaki Louis, président de cette structure citoyenne, exprime sa profonde désolation face à cette tragédie.

«  C’est une grande désolation et un grand regret. Nous avons la coalition FARDC-UPDF qui est tout près d’ici. Il n’y a même pas un kilomètre de la distance où se trouve la position de l’UPDF », déplore Kathembo Kisaki Louis.

La population de Mavivi/Ngité, qui commençait à regagner progressivement le village après une période d’accalmie, est à nouveau plongée dans le désarroi.

Ce samedi matin, des éléments des forces de défense et de sécurité se sont rendus sur les lieux pour mener des enquêtes et échanger brièvement avec les habitants.  Cette attaque survient quelques jours après les alertes de la société civile sur les mouvements suspects dans les environs de Mavivi-Mbau et Oicha.

Samy Kitha

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