Beni : des éco-gardes de l’ICCN détruisent des cultures dans des champs riverains du parc près de la ville
Les éco-gardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) mènent une opération de destruction des cultures à Nyaleke-Rizerie depuis la fin de la semaine dernière. Cette expédition punitive cible des champs supposés se retrouver dans la partie intégrante du Parc national des Virunga (PNVi) près de Beni ville. Il y eu des arrestations et des biens saisies et tous les cultivateurs sont en colère.
Kambale Visika, une soixantaine révolue, est venue constater les dégâts, au lendemain du passage des éco-gardes dans son champ. Tous ses bivouacs ont été réduits en cendre et son investissement détruits à la machette. L’inquiétude est vive.
“Hier et avant-hier, ils ont incendié de maisons. Les mêmes gardes parcs ont emporté trois machines tronçonneuse, 5 motos et 13 personnes jusqu’à la station de Muchora avant de retourner hier pour incendier tout ce que j’ai ici chez moi, et détruire mes récoltes. Ils ont détruit des papayers, des cacaoyers, des bananiers… plusieurs autres cultures qu’ils ont trouvées sur leur chemin”, a-t-il regretté.
L’Union des agriculteurs, pêcheurs et éleveurs du Congo condamne une destruction méchante des cultures. L’UAPECO menace de porter plainte contre l’ICCN, afin d’obtenir une réparation des préjudices.
“Nous sommes surpris par cette destruction de l’ICCN. On n’est même pas encore arrivé à la limite conventionnelle. Nous sommes surpris par cette attaque de l’ICCN. Il y avait eu une assise avec l’ICCN dans laquelle on s’était convenu que l’ICCN ne pourrait plus destabiliser les cultivateurs ; ni les cultivateurs violaient les limites conventionnelles. Nous irons en Justice, parce que c’est elle qui peut convoquer Demerode, le chef terrien de (l’ICCN)”, a déclaré Kasereka Mapatano Joseph, porte-parole de ladite association.
Contacté, le chargé des relations publiques du secteur nord du Parc national des Virunga a promis s’exprimer ultérieurement. Samedi dernier, l’ICCN a déféré, avec tous les biens saisis, une dizaine de cultivateurs devant leurs juges naturels en ville de Beni. Ils sont accusés de violation des limites d’une aire protégée où ils exercent des travaux champêtres contrairement à la loi sur la conservation de la nature.
Siku Provinces