Guerre du M23 : au sud de Lubero, des enseignants en difficultés d’accéder à leur salaire 

Il n’est pas facile aux enseignants des écoles primaires et secondaires du sud Lubero d’accéder à leur salaire depuis quelques mois. Suite l’insécurité, nombreux d’entre eux doivent parcourir de longues distances jusqu’à Kirumba et Kanyabayonga qui sont deux grands centres sous contrôle du M23 où ils doivent recevoir leur argent, un véritable chemin de la croix. Tous sont-ils payés ? Comment procèdent-ils pour l’obtenir ?

Décryptage 

Ce n’est pas facile d’accéder au salaire actuellement au sud du territoire de Lubero. Chaque enseignant, même éloigné, doit quitter sa zone chaque mois pour atteindre Kirumba ou Kanyabayonga, où se trouvent les services qui servent de l’argent. 

D’après Kambale Masividja du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), l’accès au salaire est presque devenu un combat. Pour cela, et même si on a un téléphone en ligne, il y a toujours des difficultés. 

“Il n’y a qu’une moitié qui parvienne à recevoir le petit salaire qui revient du gouvernement. Dans notre zone, nous sommes payés à travers la banque TID, qui a son siège à Butembo. Alors cette banque a fait un partenariat avec Vodacom. C’est-à-dire que lorsqu’on reçoit le salaire via TID, il envoie ce salaire vers M-PESA, c’est-à-dire que chaque enseignant perçoit son salaire à partir de son téléphone même”, a-t-il déclaré. 

Outre les retenues que les enseignants ont toujours décriées, il y a souvent manque de liquidités. 

“TID nous avait promis qu’après un certain temps, il y aura une suppression des frais de retraite. Mais jusque-là, les enseignants se lamentent à cause de ces frais de retrait qui sont encore soutirés par Vodacom. Mais aussi, il y a un problème de liquidité. Un salaire peut arriver, parfois, on arrive auprès de l’agent payeur, soit M-PESA, parfois, ils disent qu’ils n’ont pas d’argent. L’enseignant peut encore faire une semaine avec son message dans son téléphone sans avoir perçu son argent”, s’est-il désolé.  

Interrogés par RADIOMOTO.NET, des opérateurs économiques travaillant dans le transfert d’argent via M-PESA (Vodacom) ont préféré ne pas s’exprimer. Certains nous ont déclaré que très souvent, les enseignants viennent en grand nombre et on n’arrive pas à les servir tous. 

“Ils viennent tous de la région et se concentrent ici”, a dit un autre tenancier de cabine de téléphones de communication qui fait aussi M-PESA. 

Jean-Marie Mitavo

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