ICCN : le Parc national des Virunga lance les activités de son centenaire
Le Parc national des Virunga (PNVi) a lancé les activités de son année jubilaire, le lundi 21 avril 2025, à Beni. Créé en avril 1925, ce patrimoine mondial situé au Nord-Kivu a totalisé 100 ans d’existence dans un contexte sécuritaire particulièrement précaire. L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) rend hommage aux éco-gardes tués pendant l’exercice de leur profession dans la région.
Pendant ce premier centenaire, le Parc national des Virunga a su préserver la plupart de ses espèces, dont environ 350 gorilles de montages sauvages, son espèce phare, se félicite Emmanuel D’Emeraude, directeur provincial de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) au Nord-Kivu. Il déplore cependant d’énormes défis que le PNVi connait depuis sa création.
“Ce sont nos collègues qui ont versé leur sang pour assurer cette réalisation. Tout comme c’est le parc le plus important du monde, c’est aussi le parc qui a connu le plus grand sacrifice au monde. Cette journée, c’est pour célébrer le passé, c’est également s’exprimer sur l’avenir, de voir ce parc comme un symbole de construction, de résilience et de vision d’avenir”, a-t-il déclaré.

Le gouverneur du Nord-Kivu qui a lancé officiellement les activités du centenaire de ce patrimoine mondial a plaidé pour la mise en place des mécanismes innovants pour sécuriser le PNVi contre les menaces des groupes armés qui en font un lieu de retranchement. Le général major Somo Évariste évoque la nécessité d’aborder conflits entre PNVi-riverains durant cette année.
“Jalouse de son potentiel touristique, elle s’adonne méchamment à sa destruction et au pillage de ses ressources naturelles. J’en appelle à des mécanismes internationaux innovants et spéciaux, au-delà de ceux qui existent, pour rendre ce sanctuaire inviolable en prenant de fortes mesures dissuasives contre toute entité qui y mène des guerres inutiles ainsi que d’autres activités illégales à répétition. Des pressions démographiques, foncières et des exploitations illégales persistent aussi. Un débat existe dans ce domaine autour de Mayangose, par exemple. Des conflits ouverts, PNVi et riverains s’observent et il est nécessaire de les aborder courageusement durant cette année du centenaire”, a-t-il exhorté.
Établie sur une superficie de 7.900 km², une importante partie du Parc national des Virunga (PNVi) n’est pas entièrement protégée, car envahie par des groupes rebelles qui y mènent des activités anthropiques, s’inquiète l’ICCN.
Milan Kayenga