Beni : des avocats accusés d’attiser le feu dans des conflits fonciers à Kyondo et Bashu  

Photo d’illustration : Des avocats à la Cour d’appel du Nord-Kivu. ACTUALITE.CD

Des défendeurs des droits humains comme l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) accusent les avocats d’attiser le feu dans les conflits fonciers en commune de Kyondo et dans la chefferie des Bashu. RADIOMOTO.NET a contacté le syndic du corps des défenseurs judiciaires au Tribunal de grande instance (TGI) de Butembo, pour éclaircissements. Maître Justin Kakule Kokola reconnait le phénomène et précise que les conflits fonciers sont déplorés, ne ciblent pas seulement les entités précitées, mais bien toute l’étendue du Grand Nord-Kivu. 

Selon lui, l’on ne doit tenir personne comme responsable de ses problèmes. Tout le monde a un rôle important à jouer pour départager deux parties en conflit, alors que chacune veut avoir raison. 

Le défenseur judiciaire, certes, a une difficulté de concilier les antagonistes aux conflits fonciers. Comme c’est le cas en chefferie des Bashu, en territoire de Beni ou à Lubero. Chacun ne compte que sur sa position. Les clients se disent : soit on va voir. Les antagonistes souhaitent eux-mêmes saisir le parquet ou le tribunal pour les départager par des décisions coercitives, des décisions qui ont une force de déguerpissement, soit qui ont une force de démolition des maisons, par exemple, pour se montrer de biceps”, a-t-il déclaré. 

Le défenseur judiciaire Justin Kokola a parlé du rôle important de l’avocat. 

“L’avocat n’est pas à confondre avec le juge. C’est le juge, ou soit le magistrat, qui rend un jugement. L’avocat, lui, n’est qu’un accompagnateur de son client devant ses juges. L’avocat oriente la procédure, assiste, représente son client, défend son client devant le juge, soit devant le parquet ou devant la Police. Mais la loi donne à cet avocat ou défenseur judiciaire une mission de conseiller son client, ou soit de concilier les parties, les arranger. L’avocat peut devenir arbitre devant des parties qui se disputent une portion de terre. L’avocat ou le défenseur judiciaire est régi par une déontologie. La déontologie qui est constituée des obligations ou des devoirs à observer pour bien rendre un bon service à son client. L’avocat n’attend qu’à être payé ses honoraires comme salaire. Un avocat qui viole ce principe déontologique lié à la dignité, lié à la probité ou soit au respect et à l’obéissance de la loi, est passible à des sanctions disciplinaires”, a-t-il insisté. 

Il existe un édit provincial numéro 002/2012, du 28 juin 2012, portant rapport entre les chefs terriers et coutumiers en matière de gestion des terres au Nord-Kivu. Maître Justin Kakola pense que tout serait déjà réglé à partir de cette disposition. Il a aussi appelé les coutumiers, les notables à l’honnêteté et à l’impartialité.

Joseph Bakwanamaha

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