Goma : l’entrepreneuriat des jeunes fragilisé depuis l’entrée de l’AFC/M23
L’entrée de la rébellion de l’AFC/M23 dans la ville de Goma depuis janvier dernier, fragilise les efforts d’entrepreneuriat des jeunes à Goma. En effet, les activités des jeunes connaissent une baisse importante en termes de production.
Les gagne-petit, que nous avons rencontrés ce jeudi 15 mai, racontent que les petits commerces deviennent difficiles à exercer. Selon ces entrepreneurs, maintenir un capital semble illusoire.
De nombreux vendeurs des biens travaillent uniquement pour subvenir aux besoins de subsistances liés à l’alimentation, par exemple, sans possibilité d’investir à long terme. Ce jeudi, nous avons rencontré à Himbi, la jeune entrepreneure Nécessaire Hélène. Ici, elle vend des frites après avoir perdu plusieurs de ses biens lors du pillage, notamment des vêtements destinés à la vente.
Elle explique qu’avant la prise de Goma par le mouvement rebelle, l’accès aux marchandises était aisé et la circulation monétaire dynamique. Aujourd’hui, elle fait face à une flambée de prix, notamment de l’huile et des braises, qui réduit considérablement ses marges et rend son activité peu rentable.
“Le commerce actuellement, c’est compliqué. On force seulement vu qu’il n’y a rien d’autre à faire. Avant, nous avions une maison d’habillement. Après la guerre, nos marchandises étaient pilées. Avec le peu qui restait, nous avons jugé mieux de relancer nos activités. Actuellement, je vends des pommes de terre (frites) le long de la route. Le peu que je gagne, je mets dans les ristournes et Dieu fait grâce, la vie évolue. La braise et de l’huile coutent très chers actuellement, mais le prix de la pomme de terre, ça va”, a-t-elle confié.
La guerre du M23 à Goma compte plusieurs conséquences, 4 mois après l’occupation du chef-lieu de la province du Nord-Kivu. À part la perte des revenus journaliers, les opérateurs économiques font aussi face à la Hausse du coût de la vie, accentuée par la coupure des voies d’approvisionnement.
Des témoignages sur place font aussi état du déplacement forcé et de la perte de logement pour plusieurs habitants, de l’accentuation des abandons scolaires dans plusieurs institutions de formation primaire, secondaire ou universitaire.
Ghislain Siwako