Butembo : Frank Mukenzi presse l’État d’agir face au chômage des jeunes
La lutte contre le chômage est un défi en République démocratique du Congo. Ce fléau social et économique entrave le développement du pays, alimente la précarité et peut conduire à des troubles sociaux. Ces propos sont de Frank Mukenzi, président du Conseil urbain de la jeunesse en ville de Butembo. RADIOMOTO.NET l’a rencontré, le lundi 09 juin 2025.
Pour lui, face à cette situation, la responsabilité de l’État congolais est primordiale et multidimensionnelle.
“La plupart des fois, on a suivi des autorités étatiques, des autorités du pouvoir public, qui ont dit que l’État ne pourrait pas empocher tout le monde, mais ça peut être une évidence. Ce qu’on sait, c’est que l’État a la grande stabilité. À un certain moment, à Kinshasa, il y a eu des initiatives d’entrepreneuriat qui ont été menées, mais surtout s’il y a eu un délai, on n’a pas vécu. Mais on a vu aussi beaucoup d’autres personnes qui sont allées à Kinshasa pour critiquer ça. Apparemment, ç’a profité plus à des personnes étrangères, et que ça n’a pas produit des fruits. Je pense qu’aujourd’hui, l’État congolais devrait davantage voir l’évaluation de toute stratégie, de toute la politique mise en place pour lutter contre le chômage. Parce que je suis conscient que le secteur de l’entrepreneuriat lutte contre le chômage. Mais chez nous, il y a plus de problèmes dans ce secteur, jusqu’à ce que beaucoup de gens abandonnent. Et vous allez voir des gens s’enrôler dans des groupes armés. D’autres sont devenus des bandits, des coupeurs de routes parce qu’ils ont essayé, mais ils ont eu beaucoup de problèmes”, a-t-il expliqué.
La même source a fait savoir que ce qui bloque le développement des jeunes en RDC, c’est la monotonie dans les services publics. Ici, des vieux qui n’ont plus de bonne capacité mentale et physique travaillent toujours alors qu’il y a des jeunes qui peuvent prendre la relève.
De l’autre côté, même si la crise sécuritaire menace, la multiplicité de taxes découragent les jeunes qui veulent entreprendre. C’est ainsi que Frank Mukenzi propose la pension de tous les prestataires publics âgés de plus de 65 ans comme le dit la législation et la diminution des taxes pour permettre aux jeunes qui tentent d’entreprendre de créer de l’emploi à eux-mêmes.
“Maintenant, bien sûr, l’État ne pourra pas employer tout le monde dans la fonction publique, mais quand même, ce n’est pas possible qu’on voie des personnes plus âgées continuer à prester dans la fonction publique. La législation congolaise en termes du travail est claire. Toute personne dont l’âge a dépassé 65 ans ne pourra plus travailler, doit être passionnée. Mais depuis, je sais qu’on n’a pas vu cette pratique de passion dans notre pays. Et puis, la productivité de ces personnes plus âgées est moindre, et automatiquement, on va avoir des résultats faibles. Un jeune qui se réveille avec un capital, je ne sais pas, de 500, 100 dollars, 50, 70 dollars, mais le premier client qui va arriver, c’est le taxateur et qui va commencer à passer l’un après l’autre. Alors que ce sont des jeunes. Ils ont cru que je viens de l’école, j’ai manqué où travailler, l’État ne va pas me donner du travail. Moi, j’ai fourni de l’effort pour que j’aie où travailler, mais voilà ce sont les taxateurs qui arrivent en premier”, a-t-il fustigé.
Frank Mukenzi a fini son propos par des interrogations. « Où est parti l’École nationale d’Administration (ENA)? Que fait l’Office national de l’emploi (ONM)?, l’Inspection de travail et la prévoyance sociale? ».
Pour lui, le travail de ces services, censés régulariser l’emploi en République démocratique du Congo, n’est pas remarquable.
Esther Vwiravwahali