Ituri : “La décision sur le maintien des filles enceintes à l’école trahit la morale” (ANAPECO) 

La décision sur le maintien des filles enceintes à l’école trahit la morale. C’est ainsi que l’Association nationale de parents d’élèves et étudiants du Congo (ANAPECO), section de l’Ituri, apprécie la décision du ministère de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté qui accorde aux filles enceintes la latitude de poursuivre les études. 

Son président s’est confié à la presse ce mardi 15 juillet 2025. David Mputu note que cette décision va à l’encontre des valeurs éducatives et familiales. Pour lui, le ministère devrait plutôt renforcer la politique de “zéro grossesse précoce” en milieu scolaire, en sensibilisant sur la prévention et la discipline.

Ça trahit déjà la morale. Moi, je ne pense pas que ça sera gobé comme les lettres là que les autorités de Kinshasa écrivent chaque jour. Et personnellement, je ne trouve pas cela encourageant. Si la fille est tombée enceinte, elle reste à la maison avec sa grossesse. Après l’accouchement, elle peut reprendre le chemin de l’école, mais dire que les filles vont commencer à se promener avec leurs grossesses pendant les études, moi, personnellement, je m’inscris en faux, je n’adhère pas à cette philosophie. La morale, les études, ce n’est pas un problème, mais l’éducation demande au préalable la morale. Moi, je pense qu’on doit encourager la morale au niveau des études”, a-t-il déclaré. 

Alors que le gouvernement affirme vouloir bâtir une école inclusive et équitable, la position de l’ANAPECO/Ituri révèle un profond malaise sociétal. Elle met en lumière le dilemme entre la protection des droits des jeunes filles et la crainte d’encourager une forme de permissivité. 

Cette opposition relance le débat de fond sur la place de la morale, de la responsabilité et de la discipline dans le système éducatif congolais, à l’heure où les établissements scolaires sont confrontés à des défis croissants liés à l’adolescence, à la sexualité et à l’égalité des genres.

En attendant une éventuelle concertation nationale sur la question, la circulaire demeure en vigueur. Les écoles de l’Ituri sont donc tenues de l’appliquer, malgré les résistances, sauf instruction contraire des autorités compétentes. Plusieurs autres analystes trouvent cette mesure salutaire, nous y revenons dans nos éditions ce mercredi.

Joseph Kisuki

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *