Butembo : le mouvement citoyen “Rahiya ana simama” alerte sur la dangerosité des boissons fortement alcoolisées
Les étiquettes retrouvées sur les flacons et bouteilles de plusieurs boissons fortement alcoolisées ne reprennent pas la vraie teneur en alcool de ces boissons. C’est ce que dénonce Salama Kaliki, coordonnateur du réseau « Raia ana Simama », un mouvement citoyen actif en ville de Butembo. C’était au cours d’une interview accordée à RADIOMOTO.NET, ce jeudi 14 août 2025.
Ce mouvement est l’un de plusieurs autres qui se sont ligués et qui, depuis le 12 aout 2025, ont lancé une campagne contre la production, la vente et la consommation, des boissons fortement alcoolisées à Butembo. À en croire Salama Kaliki, les jeunes avaient adressé une correspondance au gouverneur de province, lui demandant « l’interdiction d’importer ces denrées nuisibles ».
En entendant la réaction de l’autorité provinciale, les jeunes se sont appuyés sur certains experts. Ces derniers ont prouvé qu’il y a des boissons vendues avec de fausses étiquettes qui prétendent avoir moins de pourcentage d’alcool alors qu’en réalité, c’est un pourcentage élevé. On peut mentionner 40 pourcents d’alcool alors qu’en réalité, c’est 52%, dénonce Salama Kaliki.
“Nous avons constaté qu’il y a des boissons fortement alcoolisées dont les étiquettes sont mensongères. On peut lire, par exemple, 40 % d’alcool, mais la réalité est tout autre. Prenons le cas de certains produits de Premedis, comme ceux qu’on appelle Simba. Sur l’étiquette, il est inscrit 40 %, mais les analyses que nous avons menées révèlent 52 %. Et nous avons des preuves concrètes : nous avons acheté ces produits et les avons confiés à des personnes sûres, qui nous ont fourni des résultats fiables. C’est pourquoi nous dénonçons cela avec force. Nous ne pouvons pas nous taire face à ce que nous appelons un massacre silencieux de la jeunesse”, a-t-il affirmé.
Ces boissons fortement alcoolisées tuent la population sous l’œil impuissant de l’Office congolais de contrôle (OCC), qui « ne fais pas bien son travail », se désole notre source. Salama Kaliki interpelle ce service qui a pour rôle de vérifier la qualité des produits qui entrent dans la ville et non de percevoir l’argent.
“Alors, nous sommes déçus par le comportement de l’OCC. Car, en réalité, l’OCC est censé examiner tous ces produits. Mais ce que nous constatons, c’est que le travail n’est pas fait correctement. Normalement, à chaque déchargement de ces produits fortement alcoolisés, l’OCC devrait prélever des échantillons et procéder à des analyses. Mais cela ne se fait pas. Nous comprenons que certains agents de l’OCC semblent motivés par l’argent, mais cela ne doit pas interférer avec leur mission de contrôle. Il est temps que l’OCC assume pleinement ses responsabilités”, a-t-il accusé.
La jeunesse pourra passer aux actions de grande envergure si les services concernés ne jouent pas bien leur rôle, prévient notre interlocuteur.
Rosette Kamukehere