Butembo : ce que pense Me Vivien Mayi-ya-Rwindi pour éradiquer les ADF dans l’Est 

Le « Club Mayi-ya-Rwindi pour le bien-être de tous » propose une solution politique à la problématique des rebelles d’Allied democratic forces (ADF). Ceci est contenu dans une déclaration rendue publique, ce mardi 19 aout 2025. Il croit que maintenant que ces ADF ont commencé à se manifester, le gouvernement peut tendre la main. 

Ce club part des récentes attaques des ADF qui ont couté la vie à plusieurs habitants en secteur de Bapere dans le territoire de Lubero, à Oïcha et Maymoya dans le territoire de Beni et Komanda, ainsi que dans d’autres contrées des territoires de Mambasa et d’Irumu. 

Maitre Kambale Mayi-ya-Rwindi Vivien, coordonnateur de ce club, indique que dix ans après, l’option militaire a montré ses limites, car incapable de mettre fin au phénomène ADF et aux massacres dans Beni, Irumu et Mambasa.

« Et suite à cette nouvelle boucherie, le Club Mayi-ya-Rwindi pour le bien-être de tous s’interroge, comme d’accoutumée, en ces termes : plus de dix années d’opérations militaires contre ces mouvements terroristes ADF… leur capacité de nuisance a-t-elle été réellement réduite ? Le Club revient encore sur cette problématique de la sécurité causée par les ADF : la solution demeure-t-elle uniquement militaire ? La réponse à ces interrogations pertinentes et opportunes est sans doute non, et encore non. Vu la facilité avec laquelle les ADF continuent à tuer, comme cela a été le cas dans le passé, plus de dix ans après, le Club Mayi-ya-Rwindi pour le bien-être de tous, à l’instar de la majorité des populations des zones concernées, ne croit plus en l’option militaire contre ces terroristes. Par voie de conséquence, il demande au gouvernement de reconsidérer sa position quant à cela, et d’expérimenter — à défaut d’éviter que le sang continue de couler presque quotidiennement — l’option politique, comme cela a été fait il y a peu à l’égard d’un autre mouvement qualifié de terroriste par le gouvernement : le mouvement de l’AFC-M23 », a-t-il déclaré. 

Contrairement aux jours passés, Mê Mayi-ya-Rwindi croit que les ADF sont maintenant accessibles. Il se base sur les récentes sorties publiques ces terroristes dans le territoire de Mambasa. Et donc pour lui, le gouvernement ne manquera pas d’interlocuteurs une fois l’appel au dialogue sera lancé. 

« Aujourd’hui, avec ce qui se passe du côté de Mambasa, je crois qu’il y a maintenant des facilités pour entrer en contact avec les ADF. Parce qu’aujourd’hui, ils sont localisés de ce côté-là. Les ADF se sont rencontrés avec la population et ont demandé à tous les agriculteurs qui sont prêts à aller dans leurs activités champêtres, de se faire enregistrer auprès d’eux — les ADF — pour obtenir l’autorisation d’entrer dans cette zone. Donc, je crois que, dans ce sens-là, il y a déjà au moins une certaine lumière quant à leur manière d’agir, et on peut quand même les approcher, les écouter et connaître leurs revendications », a-t-il démontré. 

Il convient de rappeler par ailleurs que le Club Mayi-ya-Rwindi n’est pas le premier à préconiser cette approche politique contre les massacres des ADF. En 2018, Leila Zerrougui, alors représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC, l’avait déjà évoqué quand elle déclarait qu’on ne peut pas vaincre un groupe actif depuis les années 80, uniquement par les armes. Elle privilégiait les pourparlers aux côtés de la guerre. À l’époque, il se posait un problème d’interlocuteur, les ADF ne s’étant jamais manifesté publiquement.  

Stanley Muhindo

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