RDC : Promesse Matofali dénonce l’inaction du régime de Tshisekedi face à la guerre dans l’Est
Le député provincial honoraire Promesse Matofali tire la sonnette d’alarme sur la précarité de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’ex-élu de Butembo fustige ainsi le récent carnage de Ntoyo en territoire de Lubero; puis dénonce le tâtonnement et la lenteur dans la gestion de la guerre de l’AFC/M23 par le régime du président Tshisekedi.
Promesse Matofali note avoir été alerté par la population. À l’en croire, la population menace de manifester l’incivisme fiscal si le régime Tshisekedi tarde à restaurer la sécurité. Le député provincial honoraire parle d’une alerte légitime. Puisque, poursuit-il, les dégâts commis par les porteurs illégaux d’armes sont incalculables.
“Le 9 septembre 2025, 102 personnes ont été massacrées dans le territoire de Lubero. Ce même jour, 18 autres civils ont été égorgés près d’Oïcha. Et comme si cela ne suffisait pas, la nuit du 14 septembre, à Eringeti, 4 autres personnes ont été tuées, dont une jeune étudiante nommée Furaha. Des maisons ont été incendiées, ainsi que des véhicules, motos et vélos. Face à cette tragédie humaine, nous déplorons un silence coupable du gouvernement, particulièrement sous le régime du président Félix Tshisekedi. Nous nous interrogeons : Pourquoi ce manque d’intérêt face à des massacres aussi graves ? Est-ce parce que la cible des ADF n’est pas la classe dirigeante, mais la population civile innocente ? Nous interpellons : le président de la République; le président de l’Assemblée Nationale, Vital Kamerhe; le président du Sénat, Sama Lukonde”, a-t-il déclaré.
Promesse Matofali dénonce un tâtonnement, une complicité et une légèreté des autorités dans la gestion de la guerre de l’AFC/M23. Il ne comprend pas comment le Gouvernement laisse au M23 le temps de recruter, de former et de déployer plus de 7 000 combattants.
“Comment comprendre que le M23 ait pu recruter, former et déployer plus de 7000 combattants sur les champs de bataille, sous les yeux du gouvernement de Kinshasa ? Et Kinshasa observe ! Le gouvernement se limite à des dénonciations sans suite, comme s’il s’agissait d’une organisation de la société civile, et non d’un État souverain chargé d’assurer la sécurité de son peuple. Dénoncer chez qui ? Faire des déclarations pour quoi ? Et surtout, qui va agir à leur place si eux-mêmes ne bougent pas ? C’est pourquoi nous affirmons avec force : soit le gouvernement est complice, soit il est incompétent. Il n’y a pas d’autre lecture. Si Kinshasa a délibérément abandonné la population de l’Est, qu’il ait au moins le courage de le dire clairement. Qu’il nous dise : « vous êtes seuls, c’est fini pour vous. » Mais qu’il arrête de se cacher derrière des communiqués creux pendant que les Congolais tombent tous les jours. Nous n’avons plus besoin de compteurs de morts. Nous avons besoin de décideurs qui agissent”, a-t-il insisté.
Malgré tout, l’autorité morale de la Fondation Promesse Matofali Yonama (FOPROMAYO) invite le président de la République à convoquer le dialogue avec toutes les couches de la population pour trouver des solutions durables. Il invite les élus du peuple à s’investir dans la recherche de la solution que de rester “muets” à Kinshasa. Puisque, conclut-il, aujourd’hui, l’heure n’est plus au silence.
Visesa Louangel