Nord-Kivu : La FOSYNAT rejette l’exigence du Bac+3 pour les enseignants du primaire
La Force syndicale nationale du Nord-Kivu (FOSYNAT) est en désaccord avec la réforme annoncée récemment par le ministère de l’éducation nationale et nouvelle citoyenneté portée par la ministre Raïssa Malu Dinanga. En effet, cette réforme impose désormais un niveau Bac-3 ou une licence universitaire aux enseignants de l’école primaire.
Le président provincial de cette structure de défense des droits des enseignants remet en cause la légalité et la mise en application de cette décision. Bahala Shamavu Innocent estime qu’il s’agit d’une manœuvre qui vient plutôt étouffer les concernés car ce qui compte aujourd’hui c’est l’expérience et non le nombre d’années faites pour les études.
« Dans nos lois de la RDC, l’enseignant de l’école primaire, c’est supposé qu’il doit avoir le diplôme d’Etat. Donc un D6 en Pédagogie. Donc, on doit fermer les écoles pendant 3 ans pour que ces gens aillent terminer les études et revenir maintenant pour enseigner. Ou alors ils vont enseigner les avant-midis et étudier les après-midis. En fait, nos autorités de la RDC veulent juste étouffer les gens avec beaucoup d’années d’études qui n’apportent rien », pense ce syndicaliste.
Si le ministère de tutelle dit vouloir rehausser la qualité de l’enseignement, aligner le système éducatif congolais sur les standards internationaux mais aussi professionnaliser davantage la formation des enseignants, la FOSYNAT, elle, appelle à une amélioration sincère des conditions de vie et de travail des enseignants par l’État congolais.
« Il ne faut pas dévier le problème pour en créer un autre. La qualité de l’enseignement dans ce pays, c’est la motivation de l’enseignant. C’est le salaire que l’Etat donne à l’enseignant. Dans les écoles où l’enseignant est incapable de nouer les deux bouts du mois, si on nous demande d’étudier, que l’Etat supporte tout », conditionne Bahala Shamavu Innocent.
Cette nouvelle exigence aux enseignants de l’école primaire suscite des nombreuses critiques notamment dans les zones rurales où les diplômés Bac+3 sont rares. Certains craignent une pénurie d’enseignants dans ces régions une fois cette décision est appliquée.
Ghislain Siwako