À Butembo, des déplacés de guerre s’indignent de leurs conditions, mais misent sur l’entrepreneuriat
Kombi Kizito Mutumwa, déplacé venu de Kiwanja, qui combine la cordonnerie et le gardiennage en ville commerciale de Butembo. Ph. Joëlle Mwenge/RMBB
Certains déplacés de guerre ayant trouvé refuge en ville de Butembo s’intègrent peu à peu dans la vie socio-économique et professionnelle. Ces compatriotes contactés par RADIOMOTO.NET, ce mardi 14 octobre 2025, encouragent d’autres déplacés de guerre à se lancer dans l’entrepreneuriat pour éviter la mendicité.
Kombi Kizito Mutumwa, déplacé venu de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, il y a trois ans, suite à la guerre entre le M23, a su mettre en place une cordonnerie. Son atelier est situé sur la rue Père Jérôme Masumbuko près de l’institut Matengenezo. Ce déplacé raconte que c’est grâce à son intégration dans une société de gardiennage qu’il est arrivé à ce niveau. Il est même prêt à encadrer d’autres désœuvrés.
“De Kiwanja, je savais déjà réparer et fabriquer les souliers. En arrivant à Butembo, j’ai intégré une société de gardiennage et je combine la cordonnerie et le service de gardiennage. Pendant la journée, je suis ici et le soir, je monte la garde. L’argent que je reçois du service de gardiennage, je l’affecte dans la cordonnerie pour acheter des matériels. Ça me permet de survivre. Aujourd’hui, j’ai un projet d’acheter une parcelle et après doté. Je suis prêt à encadrer d’autres jeunes désœuvrés ou même les déplacés de guerre”, a-t-il témoigné.
Pour sa part, Jules Makutano, un autre déplacé venu de Maikengu fuyant les massacres des ADF depuis 4 mois, vend des t-shirts non loin de la Cathédrale. Père de famille, avec 10.000 FC comme capital au départ, il témoigne qu’il subvient aux besoins de sa famille. Ce déplacé conseille ses pairs déplacés à avoir l’esprit de créativité.
“Je suis venu de Manguredjipa/Maïkengu suite à l’insécurité. Je suis allé avec un peu d’argent. Avec 10.000 francs, j’ai commencé à vendre de la friperie. Parfois, on ne vendait pas. Aujourd’hui, j’ai un capital de plus de 10 dollars. C’est pourquoi j’appelle d’autres déplacés à avoir des initiatives. Même avec 10.000 francs, on peut démarrer une activité”, a-t-il encouragé.
Butembo ne cesse d’accueillir des déplacés de guerre. Ces habitants viennent des territoires de Lubero, Rutshuru, Beni au Nord-Kivu et d’Irumu ainsi que Mambasa dans la province de l’Ituri fuyant des atrocités des rebelles ADF d’un côté et la guerre du M23 de l’autre.
Joëlle Mwangavalwahi