Butembo : les membres de l’ACMPROBENNE ont manifesté contre l’agression de leur collègue par des militaires 

Les membres de l’Association des chauffeurs manutentionnaires et propriétaires des bennes (ACMPROBENNE) ont manifesté dans les rues de Butembo ce mercredi 15 octobre 2025. Leur action visait à dénoncer l’indiscipline et les abus dont ils disent être victimes de la part des militaires dans l’exercice de leur métier sur les routes. Le point de friction majeur est l’agression de Maziwa Joël, un membre de l’Association, survenue le samedi 11 octobre 2025.

La marche pacifique est partie du pont surnommé Sino-hydro à Furu, au nord de Butembo, pour chuter à la mairie locale. Certains manifestants étaient à pied alors que d’autres conduisaient des bennes. Les premiers rythmaient des voix pour décrier les tracasseries et agressions militaires. Les seconds émettaient des klaxons assourdissants pour la même cause. Direction : l’auditorat militaire de Butembo. Ici, ils pensaient qu’ils recouvriraient l’interpellation du présumé auteur de l’agression de Maziwa Joël. Mais, ils ont été renvoyés à la mairie. 

Pour l’auditorat militaire, c’est l’exécutif urbain qui est le premier concerné du mémorandum des manifestants. Même si désolées, les membres de ACMPROBENNE n’ont pas tardé d’aller s’adresser au maire qui a été représenté par le préposé à l’état-civil. 

Georges Kanamungoya, président de la structure a présenté le mémorandum : “Sur quelles bases, quelles lois les militaires et les Wazalendo perçoivent des taxes sous forme de rapports. Pour information, le samedi 11 octobre 2025, notre membre, monsieur Joël Maziwa, a été gravement tabassé par des militaires FARDC à la barrière de Issale-Bulambo pour n’avoir pas donné un rapport de 5 dollars. C’est grâce à l’intervention de la population que notre chauffeur a été sauvé de justesse. Ces rapports sont des tracasseries. Nous demandons aussi que justice soit faite”.

Le préposé de l’état civil à la mairie a laconiquement déclaré recevoir le message avant de promettre de le transmettre à qui de droit pour une éventuelle solution.

“Je vous rassure que je vais canaliser votre doléance auprès de l’autorité urbaine et que vous pourrez avoir la suite par lui-même. Je le représente, il est empêché”, a-t-il rassuré. 

La manifestation a arrêté la circulation au centre-ville entre 10 heures quart et 13 heures. C’était pacifique et du jamais vécu interpellateur, selon ceux qui y ont assisté. Si rien n’est fait, les chauffeurs et propriétaires de bennes promettent une interpellation exemplaire aux autorités locales.

Patrick Kalungwana

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