Beni : la société civile appelle à une journée sans activité après l’assassinat d’une femme à Oïcha
Une femme a été tuée par balle par des bandits non identifiés, mardi soir 28 octobre 2025, dans la commune d’Oïcha. Son époux, ainsi que l’un des enfants, ont également été blessés et ont été dépêchés à l’Hôpital général d’Oïcha.
Selon les sources de RADIOMOTO.NET sur place, les bandits ont ciblé le responsable de la famille, un opérateur économique de la commune d’Oïcha et tenancier d’un Shop Vodacom. Ces hommes armés l’ont filé jusqu’à la porte de sa clôture, alors qu’il rentrait de son travail. C’est son épouse, qui lui ouvrait la porte, qui a été touchée par balle à la tête. La victime a succombé à ses blessures sur place.
Les mêmes sources rapportent que l’homme a, quant à lui, réussi à se cacher sous son véhicule, où les bandits ont continué à tirer plusieurs balles. Par miracle, il a survécu, mais avec des blessures, ajoutent les mêmes sources.
Cet assassinat a créé une psychose et une tension parmi les habitants de Mambabeka/Muungano, non loin de la paroisse Saint-Esprit d’Oïcha. La police, qui tentait de récupérer le corps de la victime pour le transférer à la morgue, a été empêché cette nuit par un groupe de jeunes et ont dû faire demi-tour.
Ce matin, le corps de la victime a été levé du lieu de drame par les membres de sa famille. Face à cette situation, la société civile d’Oïcha exprime sa colère et dénonce ce qu’elle qualifie de léthargie des services de sécurité dans leur mission de protéger les civils. Elle a décrété une journée sans activités ce mercredi 29 octobre 2025.
Son premier rapporteur, Darius Syahira, parle également d’une journée de deuil et exige l’arrêt de toutes les activités.
“La société civile forces vives d’Oïcha appelle à la cessation de toutes les activités ce mercredi, suite à l’assassinat tragique de Madame Kachelewa, criblée de balles par des bandits armés. C’est une situation que nous condamnons fermement, et nous rappelons que l’insécurité ne fait que s’aggraver dans la commune d’Oïcha. C’est pourquoi, en attendant les décisions qui seront prises par la population lors d’une Assemblée générale extraordinaire, nous appelons tout le monde à observer une journée ville morte aujourd’hui au centre-ville. Nous appelons à la solidarité de la FEC, des commerçants, des détenteurs de shops, des chauffeurs, motards, élèves, et mamans au marché : restons à la maison en attendant de nouvelles orientations et le mot d’ordre officiel de la société civile, qui se penchera sur cette situation récurrente d’insécurité à Oïcha”, a-t-il insisté.
Il convient de rappeler en outre que l’insécurité est loin de dire son dernier mot à Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni.
Samy Kitha