Butembo : le manque de financements freine la valorisation des déchets

L’entrepreneuriat dans le domaine de la valorisation et la transformation des déchets peine à décoller faute de moyens financiers. Kambale Juress, enseignant à l’Institut supérieur de chimie appliquée (ISCA) de Butembo, note que l’intelligence est là et les personnes capables de créer des innovations sont déjà formées non seulement pour fabriquer des biens, mais aussi pour assainir l’environnement. 

Kambale Juress fait savoir que l’ISCA-Butembo produit des engrains liquides et en poudre à partir des déchets biodégradables. L’application de ces engrains dans les champs a prouvé leur efficacité à partir de revenus agricoles. À part les engrains, l’ISCA a produit du biogaz et du biocarburant efficace pour la cuisson des nourritures et le fonctionnement des moteurs des engins roulants.

« À l’ISCA, nous avons déjà réussi à produire plusieurs types d’engrais, notamment de l’engrais liquide et de l’engrais en poudre. Dans le domaine de l’environnement, nous avons également mis au point du biogaz et du biocarburant. C’est là des produits que nous avons développés localement. Nous produisons aussi des vins thérapeutiques à base de noix d’avocat. Mais ce qui nous freine actuellement, c’est le manque de financement. Comme je l’ai déjà mentionné, on peut avoir de bonnes idées, mais sans les moyens financiers, leur mise en œuvre devient difficile. Nous réfléchissons actuellement à comment relancer ou réactiver les initiatives que nous avons déjà mises en place à l’ISCA, notamment les biodigesteurs. Ceux-ci nous avaient beaucoup aidés, par exemple pour la cuisson au laboratoire. Nous voulons les rendre plus visibles et concrets, pour que lorsqu’un visiteur vienne, il puisse constater que des efforts réels sont faits en matière de transformation locale », a-t-il fait savoir.

Abordant la question des financements, Kambale Juress retient que les ressources humaines sont prêtes pour innover dans la collecte des déchets, le recyclage et la transformation. Malheureusement, ces cerveaux se butent aux moyens financiers pour gérer les intervenants dans le secteur. Il ajoute une autre difficulté liée à la prolifération de taxes dues à l’État. 

Pour lui, toutes ces situations découragent les entrepreneurs. Il plaide pour l’accompagnement de l’État congolais, voire les privés à investir dans le secteur de la transformation des déchets.

« L’intelligence est présente, la recherche est permanente et donne toujours des résultats positifs. Mais ce qui freine notre progression ici à Butembo, c’est le manque de financement qui reste un grand problème. Ici, les gens s’intéressent surtout au commerce, et les patrons de Butembo accordent moins de la valeur aux talents locaux. C’est pourquoi nous lançons un appel à tous : que chacun contribue pour que nos compétences et nos connaissances puissent être mises en pratique de façon concrète. Concernant les taxes, je constate qu’il y a une surtaxation dans notre pays. Si je me lance dans ce domaine, c’est parce que mes bases sont solides. Sinon, au bout d’une semaine ou deux, je serais obligé de fermer, perdant ainsi inutilement mon temps et mon argent. J’en appelle donc à notre gouvernement : qu’il nous soulage, surtout nous qui œuvrons dans la transformation, qu’il s’agisse de déchets ou de produits agroalimentaires. Cela nous permettrait de mieux valoriser les talents locaux », a-t-il plaidé.

Signalons que depuis environs trois mois, les autorités de Butembo se battent pour la propreté au centre-ville. Des séances de conscientisation des populations se multiplient en tous les niveaux auprès des marchands et vendeurs de différents articles au centre-ville. Questions de les amener à bien gérer les immondices dans leurs lieux de travail.  

Kakule Kilumbiro

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