Beni : les déplacés de guerre venus de Biambwe sans assistance humanitaire à Kyondo
Le quotidien est devenu un véritable calvaire pour les familles de Biambwe réfugiées à Kyondo après l’horreur des attaques ADF. Ne sachant plus vers qui se tourner pour manger, ces citoyens congolais crient leur désarroi et supplient l’État de se pencher sur la crise sécuritaire. Malgré leur souffrance, ils rappellent aux autochtones de Kyondo la valeur inestimable de leur tranquillité et les invitent à rendre grâce au Seigneur pour cette protection.
En circulant actuellement à Kyondo, on constate la présence de déplacés de guerre venus du territoire de Lubero, notamment de jeunes hommes d’une vingtaine d’années originaires de Bupara-Biambwe. Il s’est confié à RADIOMOTO.NET, en décrivant les événements qui s’y sont déroulés : « Nous étions au lit, en plein sommeil. Il était environ 3 heures du matin quand nous avons reçu le signal que les éléments de l’ADF étaient déjà à Biambwe. Nous avons été obligés de quitter nos maisons et de passer le reste de la nuit dehors. Le matin, nous avons tenté de revenir observer le village, et c’est là que nous les avons vus sur la montagne. Peu après, ils sont arrivés à Bupara. Nous avons pris la fuite. Malheureusement, deux hommes ont été tués. Ils nous ont capturés. Nous avons vu ces rebelles : ils portaient des tenues semblables à celles des militaires et étaient lourdement armés. Ils nous ont arrêtés, nous ont gardés ».
Les larmes aux yeux, cet habitant de Bupara n’a pas encore oublié le calvaire enduré en fuyant Biambwe vers la région de Butembo.
« C’est ainsi que nous avons quitté notre village jusqu’à arriver ici à Kyondo. Mais même ici, la vie reste difficile. Il est presque impossible d’avoir du savon ou de quoi manger. Nos enfants souffrent de la faim. Pourtant, chez nous, il y avait de l’abondance. La nourriture ne manquait pas, mais c’est devenu invivable à cause de l’activisme de l’ADF. Les habitants de Kyondo vivent normalement, mais moi, je ne vois pas où je peux aller travailler pour gagner un peu d’argent. Je demande à ceux qui vivent ici, devenus autochtones, de rendre grâce à Dieu pour l’accalmie. Qu’ils le glorifient et qu’ils soient vigilants. Nous autres, nous sommes devenus des vulnérables. Nous avons tout laissé derrière nous. Aujourd’hui, je n’ai même pas 100 francs, alors que normalement, j’en aurais eu beaucoup au marché, et mes enfants auraient bien mangé », a-t-il plaidé.
Aujourd’hui à Kyondo, il vit dans une certaine accalmie, mais sans aucune ressource. La population locale continue de fuir plusieurs villages du territoire de Lubero à cause de l’activisme de l’ADF dans cette région.
Bakwanamaha Joseph