Butembo : l’appel du maire à travailler ce vendredi suivi par certains habitants

Au centre-ville de Butembo, notamment aux ronds-points Njiapanda et Kaghuntura, les citoyens qui ont travaillé ce vendredi 28 novembre 2025 ont expliqué leur choix. Ils ont notamment mentionné la hausse du coût de la vie et l’instruction de l’autorité urbaine comme principales raisons d’aller travailler, malgré l’appel à cesser les activités ce jour par la synergie des groupes sociaux. 

Seulement, les opérateurs économiques invitent les organisateurs à chaque fois bien planifier leurs actions pour conserver l’unanimité. À ce niveau, le gouvernement doit reprendre en mains ses responsabilités pour pacifier les zones qui font vivre Butembo.

“(I) Le maire de la ville nous a demandé de vaquer librement à nos activités, et nous, on a obtempéré. Les gens sont autorisés à ouvrir leurs portes aujourd’hui après les activités de salongo. Nous sommes en train de voir comment la situation va évoluer. Mais en tout cas, les jeunes qui ont décrété cette journée comme ville morte sont mécontents. (II) Je suis venu travailler aujourd’hui pour que mes enfants aient de quoi manger. Je n’ai pas eu peur de venir, parce qu’il n’y a pas de nourriture chez moi. C’est vrai, la situation sécuritaire nous préoccupe beaucoup. À l’époque de Mobutu, il n’y avait pas de situation pareille. Mais aujourd’hui, nous souffrons vraiment. Que les autorités nous aident à pacifier les zones insécurisées, pour que les gens puissent vaquer librement à leurs activités”, ont-ils déclaré. 

D’autres opérateurs économiques déplorent le fait que les déplacés de guerre sont plutôt restés en plein centre-ville en train de quémander. Pourtant, les activités socioéconomiques ne se sont pas déroulées normalement ce vendredi, s’indignent-ils.

« Pour nous, il n’y avait pas de raison de ne pas venir au centre-ville. Nous avons assisté à beaucoup de manifestations qui ne donnent pas de résultats. D’ailleurs, les déplacés de guerre sont en train de passer en train de demander, et nous sommes en train de les aider à notre manière. Ce qui nous étonne, c’est que les organisateurs de la journée ville morte n’ont rien prévu pour ces déplacés qui, eux aussi, sont en train de demander de l’aide. Alors, nous nous posons la question : qui a raison, qui a tort ? Ceux qui nous demandent d’observer une journée ville morte ou ceux qui nous demandent de vaquer à nos occupations ? Nous pensons que les organisateurs de cette journée auraient dû penser aux déplacés de guerre, par exemple leur proposer de la nourriture ce jour-là. Ils viennent chez nous, ils demandent, et nous leur donnons 500 francs, ce que nous trouvons pour les aider à survivre. Mais alors, nous nous demandons : comment ces déplacés vont-ils vivre si nous restons à la maison sans rien faire ? Nous pensons que c’est une autre forme de massacre », a réagi l’un des opérateurs économiques.

Il est à noter que les activités sont restées partiellement suspendues en plein centre-ville de Butembo sur appel de la synergie des groupes de pression et mouvements citoyens. La structure voulait ainsi plaider la cause des populations affectées de plus près par la persistance de l’insécurité dans l’est de la RDC.

Dany Mweusi

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