Nord-Kivu : 6 coordinations de la société civile jugent inacceptables les « replis stratégiques » de l’armée face aux rebelles
La gravité de la situation sécuritaire qui prévaut actuellement au Nord-Kivu préoccupe les Coordinations urbaines des forces vives de Beni, Butembo et Goma, ainsi que territoriales de Beni, Nyiragongo et Lubero. Elles se disent être lassées des affrontements continus, de la conquête de nouvelles entités par les hommes du M23 soutenus par le Rwanda, foulant au pied la Résolution 27 73 et les différents accords signés à Washington et à Doha.
Bien plus, les fameux replis dits stratégiques des Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) qui exposent davantage la population et ses biens laissent à désirer, selon la société civile de ces entités. Cette crise générale, amplifiée aussi par le phénomène ADF, a été objet d’une rencontre extraordinaire de ces Coordinations à Butembo, ce vendredi 19 décembre 2025.
Des recommandations palliatives sont sorties de cette réunion spéciale vécue au bureau de la structure citoyenne de Butembo.
« Nous trouvons judicieux de recommander ce qui suit :
- Au Conseil de sécurité des Nations Unies et à toute la communauté internationale, d’imposer l’application sur le terrain de la résolution 2773 exigeant le retrait sans condition des rebelles du M23 par AFC/RDF; de prendre en compte l’activisme accru des ADF qui consument des vies humaines innocentes.
- Au gouvernement congolais, de s’assumer comme un État souverain en renforçant les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité en vue de la protection de l’intégrité du territoire national. De renforcer la cohésion interne à travers l’organisation des forums nationaux et inclusifs ; de se rassurer du choix des partenaires et du contenu des différents accords ne mettant pas en danger la souveraineté de la RDC ; d’impliquer les élus et les animateurs des forces vives de la RDC dans le processus de paix en cours ; d’adopter une communication adaptée au contexte des conflits en vue d’éviter l’aggravation de la situation ; de veiller à la vulgarisation des divers accords et engagements pris par l’État congolais ; de venir en aide aux personnes déplacées affectées par différentes crises au pays », a restitué Richard Kirimba, premier vice-président des forces vives du territoire de Beni.
L’est de la République démocratique du Congo est actuellement en proie à de violents combats entre le groupe rebelle connu sous le nom de mouvement M23 et les forces armés du gouvernement congolais. Depuis octobre 2023, plus de 2,5 millions de personnes ont été déplacées et des centaines d’autres ont trouvé la mort, tandis que la poursuite du conflit menace de déstabiliser davantage la région.
Patrick Kalungwana