Lubero : la MONUSCO prête à travailler dans le respect de sa mission à Bapere 

La Mission d’organisation des Nations-Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) rassure la population de la partie occidentale du territoire de Lubero et réitère son engagement de ne travailler que dans le respect de sa mission. L’assurance vient de Jean Tobie Okala, directeur de l’information publique de cette mission dans la zone Beni-Lubero-Ituri. 

Au cours d’une interview téléphonique accordée à RADIOMOTO.NET ce mardi 23 décembre 2025, il est revenu sur les frustrations observées dans le chef de certains habitants de Bapere et Baswagha. Pour lui, une décision comme celle-là ne se prend pas au hasard. Il y’a eu des discussions en amont entre autorités, société civile et responsable de la MONUSCO.

« La MONUSCO ne s’est pas levée d’elle-même pour dire : « Je vais aller à Lubero. » La base qui s’y trouvait avait même été fermée en décembre 2023. Son retour dans la zone résulte d’une demande formulée par les plus hautes autorités provinciales, notamment le gouverneur de province. Une telle décision ne peut pas être prise sans l’aval du gouvernement congolais. Ce retour a été sollicité également par l’administrateur du territoire de Lubero ainsi qu’une partie importante de la population locale, qui perçoit un réel danger. Il faut rappeler, car peut-être certains l’ignorent que Lubero fait face à une double menace : d’un côté, les ADF ; de l’autre, les rebelles du M23. C’est dans ce contexte que la MONUSCO a été appelée à venir en appui aux FARDC, pour contribuer à contenir cette menace », a-t-il expliqué. 

Il est conscient qu’aucune guerre ne peut se gagner sans le soutien de la population. Dans cette optique, la société civile et d’autres leaders locaux avaient été chargés de préparer la base. Sinon, la MONUSCO n’a aucune intention de s’imposer ; mais ne peut pas également laisser la population à la merci des inciviques. 

« Allons-nous vraiment laisser des populations entières à la merci des criminels, des terroristes et des ADF simplement parce qu’une frange de la population n’est pas d’accord ? Il faut rester lucide : des vies humaines sont en danger. C’est pourquoi les négociations se poursuivent. Le gouvernement provincial, l’administration territoriale, ainsi que la société civile sont en discussion pour trouver un terrain d’entente. L’objectif commun reste la protection des populations. Car, au-delà des divergences, ce sont des vies qui comptent avant tout, chers messieurs », a-t-il insisté. 

Il croit qu’une frange de la population est manipulée par de gens qui voient dans la mission onusienne un témoin gênant. Il demande à la population de ne pas se laisser manipuler et rassure que la MONUSCO ne s’écartera jamais de sa mission.

« Nous n’allons pas là-bas pour chercher de l’or, ni pour chercher du diamant. Nous n’y allons pas non plus pour ravitailler quelque groupe armé que ce soit. Nous y allons aux côtés des FARDC, parce que tout ce que nous faisons, nous le faisons en étroite collaboration avec les FARDC. La MONUSCO n’évolue pas seule. Tout ce que nous faisons se fait sous l’autorité des instances compétentes », a-t-il rappelé. 

Depuis l’annonce de ce déploiement, plusieurs couches sociales du secteur de Bapere et de la chefferie de Baswagha se sont exprimées. Elles veulent plutôt que les Forces armées de la République démocratique du Congo et les Wazalendo soient suffisamment outillés afin d’éradiquer le phénomène ADF qui sévit dans cette partie du territoire de Lubero depuis juin 2024. 

Stanley Muhindo

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