Kyondo : la précarité financière gâche les préparatifs des fêtes pour de nombreuses familles

Des hommes, pères des familles, appellent leurs femmes et leurs enfants à les comprendre pour n’avoir pas rempli toutes leurs obligations pendant cette fête de Noël 2025, vu la vie difficile à Kyondo. Cependant, des enfants contactés par RADIOMOTO.NET ne veulent pas voir leurs pères commencer à se justifier malgré le moment difficile, car, selon eux, ces mêmes parents vont vider des bistrots et c’est l’argent qu’on y dépense.  

À l’approche de Noël, l’effervescence s’est emparée de la localité de Kyondo. Boutiques, ateliers de couture et marchés connaissent une animation inhabituelle. Malgré les difficultés économiques, plusieurs habitants tiennent à marquer cette fête chrétienne, symbole de partage et d’unité.

« Nos enfants doivent avoir à manger ce jour-là », déclare Kakule Mbonzo, croisé dans un atelier. Et d’ajouter : « Noël, ce n’est pas seulement les accessoires ou les habits. C’est aussi se souvenir de la naissance du Christ et vivre un moment d’union. Ceux qui ont des moyens doivent manger mieux ce jour-là. »

Même son de cloche du côté de Freddy Mikako : « C’est une fête qui nous rassemble. Chacun doit faire un effort, dans la mesure de ses moyens. »

Mais certains appellent à la prudence. Marie Grâce Kahindo, une jeune fille, met en garde contre les dérives liées aux festivités. 

« Pour fêter, il ne faut pas passer par des pratiques ignobles. Inutile de s’enivrer ou de tomber dans la débauche. Il faut vivre la fête avec ce qu’on a, sans excès. », a-t-elle interpellé. 

 

Une joie teintée d’inquiétude

Cependant, tout le monde n’a pas le cœur à la fête. « Nous travaillons sans revenu. Quand on me souhaite « Bonne fête », j’ai envie de pleurer », confie un habitant, visiblement affecté par la crise. « À la maison, on n’a pas même les 1 000 francs pour acheter du poisson », s’est-il plaint. 

La situation économique pousse certains parents à revenir mains bredouilles de leurs tentatives d’exode. 

« Nous étions partis dans l’ex-province Orientale pour chercher mieux. Mais rien n’évolue. Nous sommes revenus », a confié un autre parent. 

Face à cette précarité, un appel à la compréhension est lancé aux familles : « Les femmes doivent comprendre que la situation est difficile. Elles ne doivent pas menacer leurs maris. Elles sont aussi responsables du foyer », sensibilise un père de famille. 

Les enfants interpellent leurs parents

Du côté des enfants, une certaine frustration s’exprime. « Nos parents disent qu’ils n’ont pas d’argent, mais on les voit s’enivrer. Ce n’est pas en nous expliquant que ça ne va pas qu’on va se sentir mieux. Qu’ils prennent soin de nous, qu’ils nous offrent un minimum pour cette fête », démontre un enfant. 

Noël reste, pour la majorité des habitants de Kiondo, une période de grande importance. Mais cette année, la célébration se fera dans un contexte de fortes tensions économiques. Une réalité que beaucoup appellent à affronter avec solidarité, sobriété et responsabilité.

Joseph Bakwanamaha

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