Butembo : échanges entre le Gouverneur et la société civile de Lubero sur les défis sécuritaires
Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Évariste Somo, en plein échange avec différentes couches sociales de Butembo, le 18 août 2025. Ph. Patrick Kalungwana/RMBB
Le gouverneur du Nord-Kivu a conféré avec les animateurs de la Société civile, Forces vives, de la commune de Lubero, ce jeudi 08 janvier 2026, à la mairie de Butembo. La rencontre visait d’étudier des voies et moyens pour assoir la sécurité dans cette municipalité qui a connu, depuis le dernier trimestre de 2025, des incidents sécuritaires. À l’issue de la rencontre, le Président des Forces vives de Lubero a restitué à la presse que l’autorité provinciale a promis de répondre aux désidératas de la communauté.
Face à une situation d’insécurité généralisée, avec 5 cas d’assassinats et autres exactions enregistrés depuis octobre 2025 dont les présumés auteurs sont des hommes porteurs d’armes, assimilés aux éléments des FARDC et Wazalendu, les forces vives ont lancé un SOS, il y a 48 heures. Un SOS qui a été adressé au gouverneur du Nord-Kivu au travers d’une journée sans activité mercredi 07 Janvier et d’un mémorandum émis depuis mardi 06 janvier 2026.
La note de plaidoyer de la structure citoyenne mentionnait la prise en charge, par l’État, des dépenses funéraires et des ayants droit des victimes, l’interpellation de l’Administrateur militaire, du Bourgmestre intérimaire de Lubero et de l’ensemble du comité de sécurité pour abandon de responsabilité face aux abus des hommes armés.
À l’issue d’une réunion qu’a présidée le gouverneur, les Forces vives disent avoir reçu des réponses théoriques du Général Évariste Kakule Somo.

« Nous attendons la matérialisation incessante des résolutions, notamment sur la question de démilitarisation de la commune et du cantonnement des soldats dans leurs camps respectifs, ainsi que le délogement du camp Wazalendu « Kasindiens » du quartier Vukano », a rapporté Jackson Mumbere Wahalwire, le président.
Et de poursuivre : “Nous revenons des échanges, les cœurs satisfaits. Il a promis d’envoyer une équipe sur terrain pour s’imprégner de la situation parce que certains éléments lui échappaient. Il vient de prendre d’autres décisions sur place. Il vient de désigner une équipe qui va descendre sur terrain d’ici à quelques heures pour s’imprégner davantage de la situation et lui donner rapport. Nous avons demandé que la commune de Lubero soit démilitarisée. Nous en avons parlé. Il a dit que d’ici quelques heures, tous les militaires qui vivent avec les civils, qui vivent dans les mêmes maisons avec les civils, doivent d’ici là rejoindre leur camp respectif. Et les Wazalendo qui sont dans la commune de Lubero doivent, d’ici quelques heures, sortir de la commune pour aller être cantonnés à Maiba, comme nous l’a promis le gouverneur de province ».
L’invitation du gouverneur à conférer avec la société civile de Lubero a motivé la suspension des journées ville morte, à Lubero-Centre, depuis mercredi 07 janvier. Après la rencontre de ce jeudi, les forces vives annoncent pour ce vendredi, l’inhumation du corps de leur concitoyen Mumbere Kamate Jonathan, une des dernières victimes des incidents sécuritaires au chef-lieu du territoire de Lubero.
Patrick Kalungwana