Lubero : L’insécurité fragilise le marché du café à Mubana

La région de Mubana, située à l’est du territoire de Lubero sur la côte ouest du lac Édouard, connaît actuellement une perturbation significative de son marché du café, en grande partie due à l’insécurité persistante. Des répercussions directes sur les agriculteurs et les acheteurs locaux s’y observent alors que la vente de ce produit constituait jadis une source de revenus vitale pour la communauté.

Suite à la montée de l’insécurité, seule la voie maritime facilite l’évacuation du café vers l’Ouganda, au détriment des coopératives agricoles basées à Butembo qui intervenaient dans ce secteur mais n’ont plus accès à ce marché, selon des  sources concordantes, en raison de la surtaxation signalée sur les routes de Kipese. C’est ainsi qu’un kilogramme est passé de 10 000 à 7 000 francs congolais.

« Ce prix varie selon les circonstances. Le kilogramme dépulpé puis séché, ou café lavé, se négociait entre 9 et 10 mille francs congolais, et les cerises (récolté mais non séché), 1200 ou 1500 francs. Il n’est plus possible de passer par Kipese. Plusieurs coopératives qui venaient de Butembo ne sont plus actives : Virunga Cofia, CKK, PROCAF … nous aidaient à maintenir un bon prix. Il y a maintenant chute », témoigne ce cultivateur joint par Radio Moto Butembo-Beni, ce lundi 12 janvier 2026.

Cette situation inquiétante affecte les commerçantes et commerçants du café  dans cette partie. C’est le cas de Vasunza Jorime Hawa qui déplore l’absence considérable de gain dans cette activité. Elle exhorte les autorités compétentes à restaurer la paix et réduire les obstacles commerciaux afin de favoriser un avenir meilleur pour le marché du café à Mubana et pour ceux qui en dépendent

« Aujourd’hui, nous regrettons. Ce n’est que les ougandais qui achètent notre café. Pourtant avant, lorsque nous acheminions le café à Butembo, tout se passait bien… Que le gouvernement nous aide puisque la route de Kipese est bloquée », plaide-t-elle.

Dans cette région, l’enclavement pose également problème pour les populations. Les montagnes rocheuses empêchent l’ouverture d’infrastructures routières.

Ghislain Siwako

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