Butembo : le planning familial, une pratique ancestrale selon l’historien Muhongya Wakavwaro

Les questions visant à contrôler les naissances ne datent pas d’aujourd’hui. Même dans les sociétés traditionnelles comme chez les Yira, il y avait des pratiques pour préserver la santé sexuelle et pour réguler les naissances. C’est ce qu’a indiqué l’historien Muhongya Wakavwaro le vendredi 30 janvier 2026. RADIOMOTO.NET l’a rencontré pour comprendre la perception de la culture Yira sur la santé sexuelle et reproductive. 

D’entrée de jeu, ce chercheur en questions d’histoire a indiqué que la santé sexuelle et reproductive était connue par les ancêtres. Il y avait un programme d’éducation sur la matière pour les femmes et pour les hommes. Il en est de même pour le contrôle des naissances pour les couples.

Dans la société traditionnelle Yira, dans laquelle au moins j’ai vécu, les méthodes contraceptives existaient, parce que dans les méthodes de contraception, ils pouvaient séparer les lits. Quand la maman venait de mettre au monde, il était recommandé qu’elle fasse trois mois dans un lit à part. C’est ce qu’on appelait “Echivunda”. La société traditionnelle pensait qu’avec trois mois, elle pouvait passer, s’il arrivait qu’elle soit engrossée, elle pouvait mettre au monde pendant que l’enfant avait déjà une année. L’autre méthode, on devait retarder le sevrage. Les Nandes savaient que, quand la maman est en train d’allaiter, elle a moins de chances de contracter la grossesse. Ils avaient aussi leurs méthodes très particulières, mais des méthodes qui étaient vraiment secrètes”, a-t-il expliqué. 

Pour l’historien, certaines de ces pratiques peuvent encore servir aujourd’hui, d’autant plus que certaines ont été soutenues par la science. Il cite entre autres le sevrage, une méthode naturelle efficace pour le planning familial.

Il y a encore certaines méthodes sur lesquelles on peut encore recourir. Par exemple, le sevrage tardif. La médecine a démontré que le sevrage tardif retarde aussi la fécondation de l’ovule. Il y a aussi, quand la maman a mis au monde, il est vraiment souhaitable qu’on lui accorde 3 à 4 mois pendant qu’on est séparé. Les gens n’observent plus cette méthode alors qu’elle a aidé beaucoup les parents dans la société. Mais actuellement, on voit une maman, un mois après avoir quitté la maternité ou deux mois, elle peut encore concevoir, ce qui porte un préjudice sur la santé du nouveau-né”, a-t-il conscientisé. 

À l’heure actuelle, les débats sur la santé sexuelle et reproductive restent sensibles dans les communautés. Des sensibilisations sur le sujet s’intensifient, mettant l’accent sur l’accès à l’information par les jeunes adolescents. À Butembo, une charte sociale sur la matière a déjà été mise en place. 

Évaluant la matérialisation de cette charte en décembre 2025, les acteurs de la société civile, des associations féminines, des groupes de jeunes et des représentants de confessions religieuses signataires de cette charte ont noté des avancées significatives dans la vulgarisation. Le document met plus l’accent sur la sensibilisation des jeunes pour les rapprocher des informations de santé sexuelle et de reproduction. 

Joëlle Mwenge

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