Nord-Kivu : le Conseil provincial de la jeunesse remet en question l’efficacité des 17 accords de paix signés en RDC depuis 1999
Les accords de paix en RDC dénombrés à 17, depuis 1999, sont des accords de trop du fait qu’aucun d’eux n’a jamais débouché sur la paix sociale réclamée au pays. C’est ce qu’a montré le président du Conseil provincial de la jeunesse au Nord-Kivu à la session de renforcement de l’engagement de la société civile, des autorités locales et des parlements, dans la salle Laudato si des Orantes de l’Assomption à Beni-Cité.
C’était au travers du sujet : « La participation des jeunes et des femmes aux différents processus de paix en RDC et leurs rôles dans la mise en application des accords ». Le mercredi 4 février 2026, premier jour des échanges, Elie Malinga a donné les raisons pour lesquelles la résurgence des processus de paix n’apporte que des conclusions hypothétiques qui n’augurent pas la paix.
Pour ce représentant des jeunes du Nord-Kivu, la raison première est située dans la non-participation de la jeunesse et de la gent féminine aux différentes négociations. Emery Malinga détaille que, du premier processus de paix de 1999 jusqu’au dernier signé en décembre 2025, à Washington, des jeunes et des femmes, qui sont plus victimes de l’insécurité, n’ont pas donné leur plaidoyer pour la paix. Ce qui peut expliquer, selon lui, des insuffisances qui font que les guerres et les conflits se poursuivent en RDC.
“Nous avons assisté à plusieurs accords de paix, plusieurs processus de paix jusqu’à celui signé à Washington, en décembre 2025. Dans tous ces processus, il y a eu effectivement une faible représentation de la jeunesse et de la femme, si on les analyse bien. Nous avons demandé qui était là. Des femmes de la base n’ont pas été bien représentées, des jeunes également. Et pourtant, pendant ces 30 ans de guerre, les femmes et les jeunes sont des victimes et continuent de l’être. En principe, ces victimes devraient faire partie des délégations qui vont discuter ou plaider dans ces processus de paix. Nous faisons observer que si les accords précédents ont été signés, en l’absence des jeunes et des femmes, on doit avoir abandonné certaines questions qui seraient de l’intérêt des jeunes et des femmes. C’est par exemple des questions liées aux violences basées sur le genre. Aujourd’hui, on compte de 2024 à juin 2025, 68 % des cas de violences basées sur le genre inaperçues dans ces accords. Alors qui sera l’auteur des réparations de ces actes, si on les exige, de 10 millions de morts comptabilisés, depuis 30 ans maintenant ? Pourtant, la plupart sont des jeunes. Les véhicules qu’on a volés, les maisons qu’on a revendues, des biens qu’on a incendiés, vandalisés et pillés, qui va payer ça ? Autant de questions pouvant faire l’objet de négociations, des questions pour lesquelles nous avons estimé que si toutes les parties étaient impliquées, on pouvait plaider pour que ces genres de questions soient intégrés dans le processus de négociation, dans le cadre de prôner l’exclusivité, et des acteurs politiques, et de la femme, et de la jeunesse”, a-t-il déclaré.
L’exposant recommande aux structures des jeunes et des femmes du Nord-Kivu de découvrir les deux instruments juridiques qui leur donnent droit et devoir de participer aux grandes décisions. Il s’agit des résolutions 13 25 et 22 50, respectivement la question féminine et la seconde pour la jeunesse, qui renvoient les deux catégories de personnes à contribuer donc à la mise en œuvre de 5 piliers : la gestion de la chose publique, la protection de la souveraineté nationale, la prévention des conflits, le partenariat international, la réinsertion sociale.
La tenue de cette session est un projet du Bureau d’études et d’accompagnement des relations internationales en RDC (BEARIC).
Patrick Kalungwana