Nord-Kivu : un acte d’engagement pour la paix entre forces vives, élus et autorités signé à Beni

C’est par un acte d’engagement que s’est clôturée, le jeudi 5 février 2026, la session de « Renforcement de l’engagement de la société civile du Nord-Kivu, des autorités locales et des parlementaires sur les différents processus de paix, la lutte contre la désinformation pour la protection des civils et la stabilisation de la province ». L’activité a eu lieu en deux jours dans la salle « Laudato Si » des Orantes de l’Assomption à Beni-ville. 

À l’issue, les participants ont résolu de s’engager à s’approprier tous les processus de paix. Objectif : les comprendre consciencieusement et y relever force, faiblesse, opportunité et menace. L’acte d’engagement a été lu au public par Alain Siwako, député élu de Beni et un des participants.

Après avoir été renforcé en capacités pour connaître le contenu des différents processus de paix en cours en République démocratique du Congo, notamment les processus de Washington, Doha, Luanda, Nairobi, démeurrons attentifs et éveillés pour contribuer à la restauration de la paix dans notre pays, et nous nous engageons à nous approprier et à vulgariser le contenu de ces différents processus de paix en cours en vue de lutter contre la désinformation, la manipulation, l’intoxication alimentée autour de ces dits processus à faveur de la consolidation de la cohésion et de l’unité nationale”, a-t-il restitué. 

Un autre point d’engagement est relatif à l’intérêt de la société civile du Nord-Kivu, des autorités locales et des parlementaires à participer à tous les processus de paix, mais avec vigilance.

Par la signature de cet acte, nous nous engageons à participer activement à toutes les étapes de mise en œuvre de tous ces processus et demandons au gouvernement congolais de nous y impliquer en tant que population bénéficiaire directe et également victime des affres de la guerre qui secoue notre pays », a promis le député Alain Siwako au nom des participants. 

Pour matérialiser cet engagement, l’inclusivité des couches de la population a été recommandée. C’est cela qui pourrait pallier tant soit peu les insuffisances constatées dans les accords ayant échoué, dans le passé. Il est prévu que les participants rencontrent leurs bases afin de leur restituer ce qu’ils ont appris. Des séances seront incessamment réalisées pour cette cause.

Une prudence requise face aux accords de paix en RDC 

“Même si nous avons été invités à participer à cette session, nous et les membres de nos communautés devons être prudents par rapport aux accords et résolutions de paix en RDC.” C’est le point de vue de certains participants qui saluent les bons textes, mais condamnent leur désintérêt à apaiser certaines entités. 

Ces animateurs de la société civile parlent notamment de la 28 08, cette résolution de l’ONU qui se penche sur le soutien au cessez-le-feu au Grand-Nord face au M23, mais se méfie d’aider les FARDC à offenser l’ADF au Petit-Nord. Par ailleurs, d’autres interpellent sur la désinformation qui alimente l’insécurité.

« (I) Comment les gens se mobilisent pour qu’effectivement il y ait la fin de la guerre ? Parce que ces gens souvent viennent pour nous appuyer, mais parfois ils sont de l’autre côté, comme les gens qui attisent le feu pour que la question puisse gangrener. Je ne pense pas qu’il y ait le Rwanda qui puisse avoir les décisions sur la RDC, sans qu’il y ait des gens qui l’animent. On doit en mesure de savoir, vous nous appuyez. Mais évidemment, on identifie aussi la part de ces gens. (II) Et pour cela, nous demandons qu’il faut éviter de diffuser des messages de haine, ces communications violentes”, ont-ils suggéré. 

En rappel, la dernière résolution renouvelant le mandat de la MONUSCO pour une année est la 2808, adoptée le 19 décembre 2025. Elle entérine un retrait graduel et responsable, suspendant le désengagement immédiat après le Sud-Kivu, tout en maintenant les effectifs de 11 500 militaires et la protection des civils comme priorité absolue. 

Au sujet de la sécurité, le mandat est recentré face à la dégradation sécuritaire par surtout le M23, exigeant une performance accrue des contingents. Dans ce cadre, le mandat condamne les activités du M23 et demande le retrait des forces étrangères du territoire congolais. 

Concernant le retrait de la MONUSCO, le processus de désengagement est qualifié de « graduel, responsable et durable », non pas d’un retrait « partout et tout de suite ». Les priorités de l’ONU en RDC, en 2026, sont la protection des civils, l’appui au désarmement, à la démobilisation, à la réintégration et la réforme du secteur de la sécurité qui sont maintenus. 

Par ailleurs, la MONUSCO est autorisée à soutenir un cessez-le-feu permanent via un mécanisme de suivi. Attention, la résolution réaffirme la responsabilité principale de la RDC dans la protection de sa population.

Patrick Kalungwana

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