À Goma, la commissaire européenne chargée de la gestion des crises et de l’aide humanitaire constate que « la situation est catastrophique »
La commissaire de l’Union européenne (UE), Hadja Lahbid en sa qualité de chargée de la gestion humanitaire, a foulé le sol de Goma ce vendredi 20 février 2026 à Goma. Son arrivée dans la ville volcanique suit les précédentes étapes, parties de Kinshasa en passant par Bujumbura au Burundi et à Kigali au Rwanda où des questions autour de la crise ont été traitées.
La représentante de l’UE avec un mandat purement humanitaire a échangé à cette occasion avec les responsables de l’AFC-M23, dont Corneille Nanga, coordonnateur de ce mouvement politico-militaire soutenu par le Rwanda, sur la situation humanitaire préoccupante dans la région afin d’établir un rapport à soumettre à sa hiérarchie.
Dans une interview accordée à la presse, Hadja Lahbid déplore les conditions dans lesquelles travaillent les agents humanitaires mais aussi la vie que traversent des milliers de victimes du conflit en cours à l’Est de la République démocratique du Congo.
“Nous avons de plus en plus de violations flagrantes du droit international humanitaire. Nos travailleurs risquent leur vie en voulant sauver celles des autres, et donc j’ai fait part de toutes sortes de tracasseries, de problèmes, et je me fais le relais ici des ONG internationales, des agences des Nations unies, qui travaillent difficilement ici et dans les camps de réfugiés de la région pour alléger les souffrances. Je me suis moi-même rendue dans les camps de transit, j’ai moi-même recueilli les témoignages.
Je suis aussi commissaire à l’égalité. Les premières victimes de cette guerre, ce sont avant tout des femmes et des enfants. J’ai obtenu des engagements concrets de toutes les parties que j’ai rencontrées, et j’espère que ces engagements seront mis en œuvre et que cette mission portera ses fruits”, a-t-elle déclaré.
Consécutivement à ces discussions, l’AFC-M23 a, à son tour, annoncé la libération de plusieurs personnes, dont des jeunes mineurs et des femmes qui étaient détenus soit parce qu’ils ont été accusés d’appartenir à la coalition Wazalendo-FARDC, soit d’être associés à cette dernière.
Le mouvement informe également qu’il assure la prise en charge médicale d’environ 230 éléments des forces armées de la RDC au niveau du camp Katindo, toujours en ville de Goma. Pour lui, ces décisions traduisent la bonne foi visant un dénouement politique des différends.
La Rédaction