Nord-Kivu : au moins 12 750 civils massacrés par des ADF depuis octobre 2014 (Me Omar Kavota)
Le directeur de l’ONG Centre d'étude pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l'homme (CEPADHO), Me Omar Kavota, à Beni le 11 octobre 2021. Radio Okapi/Photo Joël Bofengo.
Depuis le 2 octobre 2014, le nord de la province du Nord-Kivu est plongé dans une crise humanitaire alarmante, alimentée par l’extrémisme violent des terroristes de l’ADF. Maître Omar Kavota, expert des dynamiques sécuritaires dans l’est de la RDC, dresse un constat particulièrement sombre de la situation.
Au nom des autres organisations de la société civile, il avait exposé le bilan humain et matériel des exactions des ADF en territoire de Beni, Lubero au Nord-Kivu et Mambasa, Irumu en Ituri. C’était lors du forum provincial de paix sur la problématique des ADF au Nord-Kivu tenu à Beni du 23 au 25 février 2026.
Selon ses données, des milliers de civils directement affectés par la virulence de ces combattants qui ont contraint plus de six cents mille ménages à quitter leurs villages pour les grandes agglomérations supposées sécurisées. Il note également plus de trois mille civils déclarés portés disparus.
“Nous avons enregistré au moins 12 750 civils massacrés par les ADF. Au cours du dernier trimestre de l’année dernière, il a été observé que plus de 2 600 civils ont été massacrés dans deux secteurs, secteurs et chefferies de Bapere, en territoire de Lubero. Lorsque nous avons essayé de voir les côtés matériels, les niveaux de dégâts perpétrés par les ADF, c’est affreux. Nous avons observé, par exemple, qu’au moins 55 structures médicales ont été détruites dans les territoires de Beni, Lubero et une partie du territoire d’Irumu et de Mambasa. Une quarantaine d’écoles ont été détruites ou contraintes à fermer. Plus ou moins 32 467 habitations et boutiques ont été incendiées. Au moins 684 véhicules ont été incendiés, soit pillés. Et 6 559 motos incendiées”, a-t-il déclaré sur un ton d’émotion.
La même source estime que tous ces dégâts méritent d’être réparés à travers des actions de justice transitionnelle et que l’État congolais devra veiller à la réparation des préjudices et à la reconstruction de la partie détruite.
Siku Province