Rentrée parlementaire en RDC : le politologue Arsène Kaputu suggère aux députés et sénateurs un renforcement du contrôle législatif

Les parlementaires congolais reprennent le chemin de l’hémicycle dès le lundi 16 mars 2026. Un politologue et enseignant en sciences politiques et administratives dans le Grand Nord demande aux députés et sénateurs de se concentrer surtout sur le contrôle. 

Dans un entretien avec RADIOMOTO.NET ce samedi 14 mars 2026, l’assistant Arsène Kaputu de l’Université officielle de Ruwenzori (UOR) commence par évaluer les dernières vacances parlementaires dans cette partie de la province du Nord-Kivu. 

Pour lui, les élus du Grand Nord ne se sont pas tellement manifestés auprès des électeurs. Ils sont restés dans les activités protocolaires, l’accompagnement du président de l’Assemblée nationale et la participation au Forum sur la paix et la problématique des ADF à Beni. Et pour la session qui s’ouvre dans quelques heures, il priorise le contrôle parlementaire. 

Ainsi, les élus devront interpeller certains ministres dont le travail ne se sent pas dans la vie de la Nation. Parmi ces ministres, ceux de la Défense, de l’Intérieur et des Infrastructures.   

Le ministre de l’Intérieur et celui de la Défense doivent être les premiers à être interpellés parce qu’il y a persistance de l’insécurité urbaine sur l’ensemble du territoire national et la guerre continue dans l’Est de la République démocratique du Congo où les citoyens congolais continuent à perdre leur vie dans cette guerre-là. Il y a le ministre du Budget et celui des Finances, pour qu’ils s’expliquent sur les retards exagérés dans la paie des fonctionnaires de l’État, parce que lorsque les fonctionnaires de l’État ne sont pas bien traités, les institutions ne peuvent pas fonctionner correctement, c’est-à-dire les infrastructures et les travaux publics, surtout sur la construction des routes Butembo-Beni et Butembo-Lubero. Et ce qui constitue une faille pour les parlementaires congolais, c’est qu’aucun parlementaire congolais n’a expliqué aux riverains de ces deux axes routiers qui sont déjà en train de connaître les travaux d’élargissement leur sort. Est-ce qu’ils seront indemnisés ou ne le seront pas ? Mais aussi, quel délai prendront ces travaux-là ?”, a-t-il démontré. 

Le ministre des Finances et ses collaborateurs doivent également expliquer le détournement décrié actuellement chez plusieurs mandataires publics. C’est le cas du directeur général de l’OCC et d’autres. S’il faut s’intéresser aux textes, l’assistant Arsène Kaputu souhaite qu’on réactive le débat sur la loi portant sur le service militaire obligatoire.

Je crois qu’une matière qui peut les intéresser, c’est d’activer les débats sur la loi, les débats relatifs à la loi portant service militaire obligatoire, parce que moi j’ai toujours estimé que si nous voulons assurer la sécurité de ce pays à long terme, il faudra rendre le service militaire obligatoire et définir clairement les conditions de telle sorte que nous ayons un nombre suffisant de réservistes qui peuvent intervenir lorsque la République est attaquée en attendant que maintenant les militaires qui sont bien formés viennent rétablir l’ordre et la sécurité”, a-t-il suggéré. 

Dès ce lundi, les parlementaires auront trois mois pour parler de la vie de la Nation et demander à l’exécutif de réparer là où il le faut.

Stanley Muhindo  

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