RDC : Edgar Mateso plaide pour un dialogue sincère, loin des arrangements politiques
Se déclarer favorable au dialogue ne suffit pas. Plutôt, les deux chambres du parlement doivent se focaliser sur des questions visant à améliorer le social des Congolais. C’est le point de vue d’Edgar Katembo Mateso, analyste politique que RADIOMOTO.NET a rencontré ce mardi 17 mars 2026.
Il a parlé après que les présidents de l’assemblée nationale et du Sénat ont exprimé leur unanimité sur la tenue du dialogue. C’était dans leurs discours d’ouverture de la session ordinaire de mars que les deux présidents ont donné leur position. Edgar Katembo Mateso pense que se dire prêt à dialoguer consiste à savoir sur base de quoi on va tenir ce dialogue. Pour lui, le dialogue ne doit pas être organisé sur des compromissions politiques.
« Le dialogue en soi n’est pas un problème. La question que l’on se pose, c’est sur quoi faut-il dialoguer ? Ce que les gens sont en train de craindre, c’est qu’on organise le dialogue, encore une fois, pour une compromission politique. Les grandes autorités peuvent se réunir juste pour se partager le pouvoir. Il est vrai que nous avons besoin que ces gens arrêtent les armes, les rebelles. Mais le dialogue ne doit pas être là pour les gratifier. Au nom de la paix, on sacrifie la vie des victimes qui sont en train de mourir à l’Est », a-t-il émis sa crainte.
Quant à savoir s’il peut y avoir du sérieux dans les propos des présidents des deux chambres du parlement sur le dialogue, l’analyste a indiqué que jusque-là rien ne peut rassurer dès lors qu’ils se sont inscrits sur une ligne de conduite préétablie. Edgar Katembo Mateso croit qu’il y a assez de sujets qui peuvent faire l’objet du débat au parlement, notamment la guerre de l’Est du pays. Et s’il y a dialogue, les élus doivent se rappeler qu’ils ont mandat du peuple.
« Le parlementaire, qu’il soit député ou sénateur, doit se reconnaître représentant de la population. Et si finalement on décide qu’on va en dialogue, alors le député ou le sénateur doit être là pour se rassurer des besoins de la population. Mais si lui aussi va uniquement dans la conquête des postes, il y a lieu de se poser la question : en quoi les députés ou les sénateurs continuent à être encore les représentants du peuple », a-t-il insisté.
Lundi 15 mars a eu lieu la rentrée parlementaire pour la session de mars. Les présidents des deux chambres se sont dits d’accord avec la tenue du dialogue dans le respect du cadre institutionnel.
Joelle Mwengevalwahi