Rutshuru : à Kiwanja, des déplacés de guerre et retournés peinent à trouver des terres agricoles

Démunis suite à l’instabilité dans la région, des déplacés et retournés vivant à Kiwanja et environs peinent à accéder à la terre destinée à l’agriculture. Depuis leur arrivée dans les cités et villages qui les accueillent, plusieurs familles déplacées venues de Busanza, de Bukoma et même de Binza éprouvent d’énormes difficultés à accéder à des lopins où produire des légumes ou d’autres cultures.  Cette situation les plonge dans une vulnérabilité.

Comme Hafashimana Joseph, un déplacé venu de Busanza et vivant au quartier Mabungo, à Kiwanja, depuis une année maintenant, ils sont nombreux les déplacés qui ont du mal à accéder à la terre. Ils ont essayé de rencontrer certains concessionnaires, mais en vain, affirme Rehema Nicole, une femme, elle aussi déplacée, venue de Nkwenda et vivant également à Mabungo, dans la cité de Kiwanja. 

« Depuis que je suis arrivé ici à Kiwanja, je n’ai pas trouvé de parcelle de terre où cultiver car lorsque nous en cherchons, on nous demande de l’argent que nous ne pouvons pas trouver. Par exemple, les uns nous demandent 50 dollars ou quarante dollars pour 25 ares, c’est difficile pour nous », a-t-elle déclaré. 

Cette difficulté d’accès à la terre touche également des retournés. Une femme qui a requis l’anonymat est retournée à Kiwanja depuis avril 2025. Elle ne sait plus accéder à son ancien champ, depuis occupé par ses proches.

« Nous essayons de chercher où faire la culture, mais nous n’avons pas encore trouvé. Car celui qui peut céder un espace à exploiter demande de l’argent. Parfois ils demandent 15 dollars, parfois encore 40. Quand on est déplacés, on est démunis, on n’a rien, on sait que faire ! », a-t-elle confié. 

Et du coup, ces groupes de personnes mènent une vie très difficile, affirme ici Joseph Hafashimana : « Quand je m’étais déplacée, j’avais un champ où je faisais la culture du manioc et du haricot, à mon retour, mes proches avaient déjà récolté ces maniocs. Quand je pose la question à ce sujet, ça pose problème. Il est devenu également difficile que je jouisse de nouveau de ce champ. Maintenant je vis sans faire l’agriculture car mes proches se sont emparés de ce champ ». 

En attendant, ces déplacés et retournés en appellent à un accompagnement des membres de la communauté et des autorités pour qu’ils accèdent à la terre et qu’ils se prennent en charge comme d’autres citoyens.

Faustin Tawite

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