Beni  : une bourse d’études dénommée « Père Vincent Machozi » lancée à Bashu par l’ex-journaliste Gerkas Mathe

Une bourse d’études dénommée « Père Vincent Machozi » a été lancée en chefferie de Bashu, territoire de Beni, pour encourager l’excellence des apprenants du secondaire. L’annonce du projet a été faite vendredi 20 mars 2026 à Vitungwe, chef-lieu du groupement Bunyuka, par Gerkas Mathe, fils de ce terroir et initiateur de ladite bourse. 

S’exprimant à l’occasion des cérémonies de commémoration du 10ᵉ triste anniversaire de l’assassinat du Père Vincent Machozi à Vitungwe, Gerkas Mathe a déploré le fait que les projets qu’avait initiés ce prêtre sont au point mort.  Il a cité, entre autres, les démarches de la scolarisation des enfants de Bashu. 

Pour poursuivre la lutte de feu père Vincent Machozi Karunzu, Gerkas Mathe a initié une bourse  dénommée « Père Vincent Machozi » pour encourager l’excellence des  fils de Bsahu.

Père Vincent Machozi était pour nous un mentor, il était pour nous un guide. Il commençait à nous créer des lignes pour aller poursuivre les études. Il a été promoteur ici dans le sport. Il n’y avait pas de sport pour les femmes. Mais tout ça, il a organisé ici des équipes. Et avec la vision éducative, nous avons compris que, depuis qu’il est mort, difficilement, son groupement d’origine peut avoir produit deux licenciés. Parce que je peux être le seul, c’est pourquoi nous avons estimé bon de commencer une petite bourse dénommée « Père Vincent Machozi », que je viens d’initier”, a-t-il expliqué. 

La condition pour en bénéficier est d’être un enfant orphelin et le meilleur parmi d’autres élèves. Au lancement de cette bourse, deux élèves orphelins considérés comme les excellents des écoles secondaires de Vitungwe ont bénéficié de cette bourse. 

Gerkas Mathe, ancien journaliste, reconnait aussi avoir bénéficié de l’accompagnement de la population de Bashu lors de ses études universitaires. C’est pourquoi il invite les habitants de cette chefferie et d’autres bonnes volontés à soutenir cette bourse d’études pour le développement de leur milieu.

Moi j’ai été licencié, c’était grâce à des contributions de la population locale ici. Ils savaient qu’ils étaient en train de financer leur journaliste et cela m’a aidé à aller jusqu’au bout de mes études, à poursuivre cette même vision. Même si nous n’avons pas les moyens, nous avons estimé bon de commencer petit. Nous venons de payer les frais scolaires pour des élèves. Les critères sont tels qu’il faut être orphelin, être le meilleur parmi les orphelins de ton école. C’est un engagement communautaire, les bonnes volontés. Ceux qui ne veulent pas que la vision de père Vincent Machozi s’éteigne, qu’ils nous viennent en aide”, a-t-il plaidé. 

Assassiné à Vitungwe le 20 mars 2016 par des porteurs de fusils, le père Vincent Machozi fut et demeure une figure emblématique dans la région, notamment pour son engagement pour la paix. Ancien président du Kyaghanda Yira, il a joué un rôle majeur dans la défense des droits, surtout la dénonciation des massacres des  civils par les combattants présumés de l’Allied Democratic Forces (ADF).   

Joëlle Mwengevalwahi

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