Ituri : le docteur Joseph Pemanakue alerte sur une urgence sanitaire à Badengaido et Bafwakoa
Le médecin-chef de zone de santé de Nia-Nia, le docteur Joseph Pemanakue Babundiaka, a lancé ce mardi 24 mars 2026 un appel à l’aide aux autorités et aux organisations humanitaires pour faire face à la crise sanitaire qui frappe les aires de santé de Badengaido et Bafwakoa, dans les chefferies des Bombo et Bandaka.
Selon le docteur Pemanakue, en raison de l’insécurité dans la région de Mutchatcha, 12 formations sanitaires et 2 centres de santé ont cessé de fonctionner, laissant les populations sans accès aux soins de santé.
Les personnels soignants et les populations ont fui les zones touchées, certains sont à Nia-Nia, d’autres à Mambasa et dans d’autres régions. Le médecin-chef de zone déplore la mort de trois personnes parmi les déplacés et plaide pour une intervention humanitaire urgente en médicaments et nourriture pour ces vulnérables.
“Toute la population de Mabufu, Muchacha, Penge a fui, d’abord vers Badengaido, et après c’est la population de Badengaido aussi qui a fui vers Nia-Nia et une autre partie vers Mambasa. Mais après l’attaque de Babesua, les structures ont été fermées. On est resté quand même avec un certain nombre de personnes qui ont résisté. La conséquence, c’est que même l’aire de santé de Bafwakoa qui est à côté s’est vu aussi vidée. Vous voyez, quand la population se déplace, il y a aussi la maladie qui est toujours avec elle, et quand la population se déplace aussi, il y a beaucoup d’accidents. C’est pourquoi, au niveau de nos formations sanitaires ici à Nia-Nia, il y a eu afflux de malades qui n’ont même pas de quoi se payer les médicaments. Actuellement, nous sommes déjà aux environs des 90 malades qui sont déjà enregistrés. Principalement, il y a des cas d’accident, nous avons aussi le paludisme. Nous avons aussi la fièvre typhoïde et certaines maladies hydriques qui sont déjà enregistrées au niveau de ces personnes vulnérables déplacées. Nous avons aussi les cas des accouchements, des césariennes. Les besoins prioritaires, on les a pris, parce qu’il y a celles qui passent la nuit à l’extérieur. On a aussi les besoins médicamenteux pour ces malades-là. Ils ont tout laissé, ils n’ont pas d’argent pour s’acheter les médicaments. Les autres aussi peuvent appuyer l’alimentation de ces gens-là. Nous sommes en train de parler avec MSF basé à Kisangani, mais il aura besoin de l’assurance de la sécurité, pour qu’il puisse venir d’abord faire l’état des lieux, pour qu’il puisse voir comment intervenir”, a-t-il expliqué.
Aux déplacés de guerre sans famille d’accueil et qui passent la nuit à la belle étoile, il plaide pour la construction des abris de fortune.
Esdras Kaghoma