Soutenance à l’UCG : Rollin Kaveho analyse l’influence souvent méconnue des peuples de la frontière sur la stabilité régionale

Les livres classiques parlent souvent de tensions aux frontières et décrivent les ethnies transfrontalières, telles les Nandes et les Konzo, comme sources de conflits. Pourtant, la réalité du terrain est différente. Le samedi 28 mars, le chercheur Kakule Kaveho Rollin a présenté son travail de DEA à l’UCG et a prouvé que les peuples de la frontière ne sont pas automatiquement perturbateurs. 

L’échange entre le jury et l’impétrant a eu lieu dans la salle multimédia du site de l’Horizon. Parmi les candidats en sciences politiques et administratives, option relations internationales, le travail de Kakule Kaveho Rollin a particulièrement captivé l’attention de RADIOMOTO.NET

Son étude intitulée : « Ethnies transfrontalières et sécurité des États  : cas des Nandes et des Konzo », s’est penchée sur la zone sensible de la frontière RDC-Ouganda. 

Rollin démontre que ces communautés vivent en parfaite symbiose, portées par des échanges culturels et commerciaux florissants. L’insécurité qui ronge la région n’est pas le fait de ces populations. Pour le chercheur, le mal vient de la faiblesse de l’État, une défaillance qui laisse le champ libre aux agressions extérieures.

La vie sociale des ethnies transfrontalières, les Konzo et les Nande, je compris qu’elle peut ne pas être ce qu’on pense des ethnies transfrontalières. Ce sont deux peuples qui vivent en harmonie, mais dans la région où ils vivent, il y a l’insécurité. Cette insécurité ne dépend pas normalement des peuples eux-mêmes. C’est une insécurité qui est importée, qui vient d’ailleurs, qu’on impose à ces peuples-là. Mais si la paix ne pouvait que dépendre de ces deux peuples, la paix allait régner déjà”, a-t-il démontré. 

Le chercheur plaide pour que l’État accompagne officiellement cette dynamique transfrontalière naturelle plutôt que de la suspecter. Une politique d’intégration qui transformerait ces zones en véritables remparts de paix.

Si l’État pouvait accompagner cette politique transfrontalière par un engagement sur les études transfrontalières, je crois que les études transfrontalières ne représenteraient aucun problème. Je comprends que l’État doit redéfinir sa politique de la gestion des frontières, parce qu’il y a un problème réel dans la gestion des frontières de notre pays”, a-t-il recommandé. 

Ce samedi marquait une étape importante à l’UCG, mais le marathon scientifique continue. D’autres soutenances de mémoires, en vue de l’obtention du Diplôme d’études approfondies (DEA), sont déjà annoncées pour jeudi prochain.

Ghislain Kighombwe

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