Lubero : le gouvernement remet près de 20 tonnes de semence aux agriculteurs à Kipese et Lunyasenge
« La terre reste notre plus grande richesse. » C’est par ce crédo que le gouvernement congolais tente de panser les plaies des zones récemment libérées de l’emprise des rebelles de l’AFC/M23. En territoire de Lubero, l’heure est à la semence plutôt qu’au canon.
Du quartier général de l’agglomération de Kipese jusqu’aux rives du lac Édouard, une vaste opération de distribution d’intrants agricoles a été lancée pour redonner vie aux champs abandonnés. C’est un convoi d’espoir qui a traversé les montagnes du Nord-Kivu. Alors que le retrait des rebelles de l’AFC/M23 a été amorcé depuis le 24 mars dernier à la suite d’intenses efforts diplomatiques, le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire ne perd pas de temps.
À Kipese et ses environs, la terre s’apprête à reverdir. Au total, 14 tonnes de semences améliorées de maïs ont été remises aux coopératives agricoles locales. Mais le panier ne s’arrête pas là. Les maraîchers de cette zone d’altitude ont également reçu des semences de choux, d’oignons, de poireaux et de carottes.
Lors d’un point de presse tenu mardi 31 mars à Butembo, Jean de Dieu Mbusa Kayitula, expert en communication au cabinet du ministre d’État Muhindo Nzangi, a souligné le caractère urgent de cette intervention.
« Il s’agit d’actions concrètes pour la relance de l’agriculture dans cette zone longtemps occupée. L’objectif est clair : booster la production locale pour éradiquer l’insécurité alimentaire », a-t-il déclaré.
Cette offensive agricole s’étend également vers les terres chaudes du littoral. À Lunyasenge, sur les bords du lac Édouard, ce sont 5 tonnes de semences de riz de haute qualité qui ont été distribuées gratuitement. Une bouffée d’oxygène pour des paysans qui avaient tout perdu durant les conflits.
Pour le gouvernement, il ne s’agit pas seulement d’une aide d’urgence. L’ambition affichée par le ministre Muhindo Nzangi Butondo est de repositionner l’agriculture comme le pilier stratégique de notre économie. Outre la promesse imminente de semences de pommes de terre pour les hauts plateaux, l’exécutif national prévoit déjà de mobiliser les communautés vers les cultures pérennes comme le café et le cacao. En attendant les premières récoltes, la distribution de ces intrants sonne comme un signal fort : celui du retour progressif de l’autorité de l’État par le biais de la souveraineté alimentaire.
La Rédaction